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Retour page Lionel André

 

Dénivelée

 

 

à l’origine de l’univers

une mécanique de toupie     

                                                                          pour Théo

 

 

cherche le ciel et l’ampleur du ciel

le vent des nuages et les pierres qui brûlent

soutiens sur la même ligne la soif et le silence

soulève la vie et dénoue ses liens

 

°°°°°

 

le souci de la nuit se plie comme un foulard de soleil

l’air affine la douceur de l’aube

avec une lenteur de résine

 

°°°°

 

au point du jour les rochers se disloquent

l’obscurité délie ses liens dans

le tremblement des écorces

et les vocalises d’un buisson

 

°°°°

 

une épaule dérive et s’accorde à la solitude

les mains les feuilles se dispersent

un peu de neige se rassemble

le calme surplombe l’impatience

 

°°°°

 

montagnes enfouies

de ciel et d’horizon sans âge

où dorment sur la langue des racines

des exils et des fronts

 

°°°°

 

une  voie s’efface sous l’herbe mêlé de flammes

l’étincelle quitte le feu

l’eau observe les pierres

là où le soleil apaise la chair

une faille appelle une aile

 

°°°°

 

le vent défait une ombre au dessus du lac

le soleil démêle les lignes de crête

la montagne m’offre en pointillé

sa transparence

le souffle en avance sur le jour

dehors

ô grand dehors

tout est blanc sous le vent

 

°°°°

 

la couleur blanche parcourt l’espace

comme un frisson la chair

le silence m’accompagne

sur de grands branchages de neige

 

°°°°

 

je suis sur

une vitre griffée

les fins tracés

de givre et de buée

 

°°°°

 

la nuit

la vague la neige

emportent

la braise la pierre le sable

la main la fougère et ma langue sur le ciel

 

°°°°

 

poussière de paille

et tourbillons de sable

le feu de la neige

 

un bouquet de tonnerre et de foudre

accompagne la courbe de l’aube

 

°°°°

 

une ligne de fuite

penche et suffoque

au-dessus de la montagne acide

où le silence dévore la flûte

qui se détache de la paroi

 

°°°°

 

les pierres tremblent de chaleur

le chemin se maintient

à bout de pieds dans les remous de l’air

 

un nuage respire

le ciel produit de nouvelles paroles

 

°°°°

 

 

                                                          

                                                                pour Baptiste

 

 

à 4 000 mètres

le bleu encercle

un visage mangé par l’altitude

 

le souffle tombe et se rend

à une vérité de glace et d’azur

 

°°°°

 

une sente se dessine entre

le gris des ardoises

 

le vent invoque une brèche à franchir

 

à l’extrémité supérieure de la vie

le cortex lichen enchevêtré

dans l’amphithéâtre d’un glacier

 

°°°°

 

FRAGMENTS

 

Vitesse  lumière  calcaire

 

Traversés d’un peu de fièvre

 

°°°°

 

 

 

la monotonie dilate la spirale intérieure

qui détruit l’angle mort

 

°°°°

 


                                                                   pour Frédéric

 

 

 

la vitesse de la nuit

adossée aux rochers de l’envers

attend  la gloire du soleil

 

un chemin taille ses marches dans le souffle

l’eau appelle la soif égarée

 

°°°°

 

la nuit le calcaire

rend la lumière

 

bue le jour

 

°°°°

 

le vol des oies sauvages

dénoue

sans hasard

les limites

de la terre

 

 

 Lionel André

 

 accompagnateur.andre@free.fr

 

 

 

 

 

 

 

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