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Bon, voilà, en traduisant un poème de Walter Helmut Fritz je suis tombé sur ce drôle d´oiseau, Wasseramsel en allemand, après les informations sur le Cincle plongeur la traduction (provisoire) du poème (j´ai choisi le nom plus courant de "merle d´eau"). Comme quoi poésie et ornithologie peuvent se rencontrer...

 

Qui en a vu un ?

 

Le Cincle plongeur (suite) : un oiseau particulièrement étudié en Centre-Ardenne

cincle.jpgMichel Wathelet, citoyen de Sberchamps (Libramont) est un ornithologue de référence et un photographe animalier de talent. Actuellement attaché à la Division Nature et Forêts de la Région wallonne au cantonnement de Saint-Hubert, il a également travaillé pour le compte de deux associations de protection de l’environnement : les Cercles des Naturalistes de Belgique et, plus récemment, pour les Réserves Naturelles et Ornithologiques de Belgique (RNOB).

Il y a une dizaine d’années, Michel a particulièrement suivi le cincle plongeur dans la région du Centre Ardenne. Notamment, en étudiant les populations de cet oiseau original mais aussi en plaçant près de cinquante nichoirs sur plusieurs cours d’eau, tels le ruisseau de Neufchâteau ou la Vierre.

L’Info : comment reconnaître un cincle ?

M.W. : Le cincle est un oiseau à peu près de la couleur et de la taille d’un merle. D’ailleurs, il est couramment surnommé merle d’eau. Cependant, il s’en distingue - même de très loin - par sa poitrine ou plastron d’un blanc éclatant.

L’Info : où peut-on le rencontrer ?

M.W. : Cet oiseau est particulièrement lié à des cours d’eau qui sont, en principe, de bonne qualité biologique. Par contre, ce qui est impératif, c’est que ces cours d’eau possèdent un courant relativement fort. Le cincle établit ses quartiers favoris le long de ces rivières et ruisseaux. Je pense par exemple aux ponts, aux moulins, aux vieilles bâtisses moussues du bord des rivières, aux troncs et passerelles de fortune en tous genre jetées ça et là d’une rive à l’autre.

L’Info : le cincle est oiseau aux moeurs un peu particulières…

M.W. : Il a par exemple une " manie " singulière de fléchir brutalement les pattes pour se relever aussitôt, un peu comme s’il était monté sur ressorts. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’il sait tout faire : marcher et voler bien sûr, mais aussi nager comme une parfaite poule d’eau, plonger à rendre jaloux un canard et - surtout - sa petite spécialité à lui tout seul : la marche à pied sous-marine!

L’Info : quel est le but recherché par ce dernier comportement ?

M.W. : Le cincle marche sur le lit du ruisseau, au fond de l’eau pendant plusieurs secondes. En fait, il avance, tête baissée, luttant contre le courant, fouillant du bec parmi les galets à la recherche de sa nourriture presque exclusivement composée d’insectes aquatiques et de leurs larves : éphémères, coléoptères (comme le dytique), trichoptères ("bêtes de bois " qui servent parfois d’appâts aux pêcheurs)…

L’Info : que peut-on dire en ce qui concerne son mode de nidification ?

M.W. Notre merle d’eau fabrique un très gros nid en forme de boule, composé de mousse et de terre, qu’il loge sous les racines entrelacées des berges ou dans une cavité quelconque, toujours au-dessus de l’eau. La femelle effectue en général deux pontes annuelles quasiment identiques et comportant de deux à cinq oeufs. Les observations que j’ai effectuées m’indiquent que cet oiseau niche très tôt dans l’année. Ainsi, je me rappelle d’un nichoir que j’avais placé en janvier, et qui le 21 février de la même année était déjà occupé.

L’Info : vous avez placé des nichoirs à cincles. Où ? Ont-ils été adoptés par vos protégés ?

M.W. : Dans les années 89-90, une cinquantaine de nichoirs ont été installés sous les ponts (généralement le plus haut possible pour éviter les désagréments des crues) du ruisseau de Grandvoir, du ruisseau de Neufchâteau et de la Vierre. Le succès était manifeste! Ainsi, sur le ruisseau qui relie Respelt - Lahérie - Longlier - Neufchâteau, dix nichoirs sur treize placés ont été occupés la même année… Sur la Vierre, le taux d’occupation était moins important (tout de même 50%), probablement dû au fait que cette rivière offre un courant trop faible.

L’Info : as-tu une idée de l’état de santé des populations de cincles ?

M.W. : Il y a vingt-cinq ans, le nombre de couples nicheurs dans notre pays était estimé à environ 1200. Je pense, personnellement, que les populations doivent rester plus ou moins stables, même si bien entendu cet oiseau est lié de près à la qualité des cours d’eau. Une chose est certaine, c’est que la région Centre Ardenne lui convient très bien.

Propos recueillis par Thierry Gridlet,
RNOB Famenne & Ardenne

 

 

 

 

IX

 

Le ruisseau déblaie terre et pierres

et les dépose,

forme – chantier perpétuel –

des coins, des creux, des caches,

des lieux où se nicher.

 

Des écrevisses, des escargots,

des insectes verts, costumés,

des merles d´eau vivent, vivent et

découvrent, se sentent

bien au fond de l´eau

 

à l´ombre et dans la décomposition,

dans les coins d´air au-dessus du courant.

Pâtures et aulnes, profondément enracinés

le long des champs de lumière

l´accompagnent, on les entend.

 

Walter Helmut Fritz