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CHRONIQUE DU HÉRON

 

Tübingen

 

 

 

1.

 

La première fois que je l´ai vu

c´était un matin à l´aube,

j´étais assis dans le train pour Stuttgart

encore ensommeillé

 

quand je l´ai vu s´envoler

au-dessus des joncs, sur la plaine de Lustnau.

 

 

2.

 

Il n´a pas son pareil

pour surgir là où on ne l´attend pas,

en pleine ville, marchant tranquillement dans les eaux du Steinlach

(rivière qui descend tout droit du Jura souabe),

indifférent aux passants qui le lui rendent bien,

 

comme s´il faisait vœu d´invisibilité.

 

 

3.

 

Dans les herbes, immobile un long moment

(j´ai bien dû rester une bonne heure à l´observer),

bougeant de temps en temps son bec,

reconnaissable à son plumage gris et noir

et à son attitude désuète,

 

semblant observer quelque chose (mais quoi ?)

 

et puis s´envolant soudain sans raison apparente,

survolant calmement l´agitation animale.

 

 

4.

 

La dernière fois que je l´ai vu,

c´était un jour de grande tempête

(elle arracha le toît ici),

 

battu, emporté par les vents

mais résistant mieux qu´un chêne,

comme le roseau, souple dans la débâcle...

 

  Laurent Margantin

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