ACCUEIL    PRÉSENTATION    LES AUTEURS    RÉCITS    POÈMES
   RECHERCHES    INFORMATIONS    LIENS

Retour Hölderlin

                        GRÈCE

 

                                         Première version

 

 

                                                Chemins du voyageur !

Car                                   ombre des arbres

Et collines, ensoleillées, où

Le chemin va

Vers l´église,

                        Pluie, comme une pluie de flèches,

Et les arbres, sommeillant, arrive

Pourtant le soleil,

Car c´est justement ainsi, comme il brûle

Plus ardent au-dessus de la vapeur des villes,

qu´il va maintenant au-dessus des murs tendus

De la pluie.

 

Comme du lierre en effet pend

La pluie sans rameaux. Mais les chemins

Fleurissent avec plus de beauté pour les voyageurs

            dans l´espace ouvert              change comme le blé.

Avignon boisé, au-delà du Gothard,

Le messager touche au but, les lauriers

Bruissent autour de Virgile et, que

Le soleil non sans virilité ne le cherche, du tombeau. Des roses-mousse

Poussent

Dans les Alpes. Des fleurs commencent

Aux portes de la ville, trop exposées sur des routes aplanies

Pareilles à des cristaux poussant dans le désert marin.

Des jardins croissent autour de Winsor. Majestueusement

Passe, venant de Londres,

La voiture du roi.

De beaux jardins font durer la saison.

Au bord du canal. Mais dans les profondeurs il y a

La plaine de l´Océan, ardente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                            GRÈCE

 

                                                Deuxième version

 

 

O vous, voix du destin, ô vous, chemins du voyageur !

Car dans le ciel

retentit comme le chant du merle

Le sûr accord des nuages, bien

Composé par la présence de Dieu, de l´orage.

Et des appels. comme des regards au-dehors, vers

L´immortalité et les héros;

Il y a beaucoup de souvenirs.

Et où la Terre, depuis les dévastations, depuis les tentations des saints,

Suit de grandes lois, apparaissant ensuite

Des nuages lyriques glorifient la concorde et la tendresse

Et le ciel tout entier. Car toujours vit

La nature. Mais où

 

 

 

 

A peu de chose peut aboutir

Un grand début.

Mais merveille au quotidien

Dieu porte un vêtement.

Et aux connaissances sa face se voile

Et couvre les airs avec habileté.

Et l´air et le temps couvrent

Le Terrible, quand on l´aime

Exagérément dans la prière ou bien

L´âme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           

 

                                                            GRÈCE

 

                                                Troisième version

 

 

Ô vous, voix du destin, ô vous, chemins du voyageur !

Car à l´école du bleu,

Au loin, dans le grondement du ciel

Retentit comme le chant du merle

Le clair accord des nuages, bien

Composé par la présence de Dieu, par l´orage.

Et des appels, comme des regards au-dehors, vers

L´immortalité et les héros;

Il y a beaucoup de souvenirs. Là où

résonnant, comme la peau du veau,

La Terre, depuis les ravages, depuis les tentations des saints,

Car au commencement l´œuvre se forme,

Suit de grandes lois, des nuages lyriques glorifient

La science et la tendresse et apparaissant ensuite

Le voile clair du ciel largement ouvert.

Car ferme est l´ombilic de la Terre.

En effet, les flammes et les éléments universels

Sont prisonniers de rives d´herbe.

Mais dans la pure conscience vit là-haut l´éther.

Mais aux jours clairs

La lumière devient argentée. Comme signe de l´amour

La terre au bleu de violette.

A peu de chose peut aboutir

Un grand début.

Mais merveille au quotidien trop cher aux hommes

Dieu porte un vêtement.

Et aux connaissances sa face se voile

Et couvre les airs avec habileté.

Et l´air et le temps couvrent

Le Terrible, afin qu´on ne l´aime pas

Exagérément dans la prière ou bien

L´âme. Car depuis longtemps déjà,

Comme des feuilles où apprendre, ou encore des lignes et des angles,

La nature reste ouverte

Et les soleils et les lunes plus jaunes,

Mais en des temps

  veut se terminer l´ancienne formation

De la Terre, en des histoires

D´affrontements héroïques, Dieu mène

La Terre sur des hauteurs. Les pas démesurés

Il les limite toutefois, mais alors les forces de l´âme apparentées

Pareilles à des fleurs d´or s´unissent,

Afin que la beauté préfère séjourner sur Terre,

Et qu´un esprit plus communautaire s´installe parmi les hommes.

 

Il est doux alors d´habiter sous les hautes ombres des arbres

Et des collines, ensoleillées, où le chemin

Est pavé qui mène à l´église. Mais pour le voyageur

Qui par amour de la vie, les mesurant toutefois,

maîtrise ses pas, fleurissent

Avec plus de beauté les chemins, où le pays

 

 

                                                            Friedrich Hölderlin

 

 

                             (traduit de l´allemand par Laurent Margantin)