Œuvres ouvertes

Pays inconnu (38)

un voyage en morceaux

Depuis que notre corporation a son temple, tout va pour le mieux. C’est aux prêtres de l’ancienne religion que nous devons notre salut. Ce sont eux qui nous ont montré comment organiser les cérémonies lors desquelles nous brandissons le Livre sacré devant la foule aux fronts inclinés. Ce sont eux qui nous ont appris la liturgie du Livre. Ce sont eux qui nous ont appris à figer les saintes écritures sous la forme d’un livre unique que nous vendons à nos fidèles un jour dans la semaine. Sans eux, jamais nous n’aurions inventé la nouvelle Communion, lors de laquelle chacun de nos très vieux fidèles, le front incliné, reçoit son propre exemplaire du Livre sacré.

Les écrivains sont morts il y a longtemps. Peu nous importent les nouvelles écritures qui ne pourraient être l’objet de notre nouvelle Communion dans nos temples de la Littérature. Peu nous importent leurs écrits invisibles qui hantent nos villes et ne participent pas de la Sainte industrie du Livre. Peu nous importent leurs écritures profanes.

© Laurent Margantin _ 24 juillet 2011

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