Œuvres ouvertes

Pays inconnu (62)

un voyage en morceaux

Ils sont les disparus de notre ville. Ils ne sont pas morts, vivants ils parcourent les rues de notre ville à longueur de journée, mais nous ne les voyons pas, et je ne saurais dire s’ils nous voient. Ils ont disparu un jour de nos boutiques, ils ont disparu un jour de nos supermarchés, ils ont disparu un jour de nos pubs, ils ont disparu un jour de notre monde et de nos vies. Les disparus ont cessé un jour d’acheter des vêtements et des meubles, d’acheter de la nourriture et les biens les plus usuels, les disparus ont même cessé un jour de convoiter ce que nous convoitons.

Les disparus ne mendient pas, alors de quoi vivent-ils ? Récupèrent-ils nos déchets la nuit ? Trafiquent-ils entre eux ? Les disparus s’entre-aident-ils dans leur monde parallèle que nous ne voyons pas juste à côté du nôtre ?

Il nous arrive de rêver de bâtir un navire pour les disparus et seulement pour eux, il nous arrive de rêver de voir les disparus embarquer tous ensemble sur ce navire offrant tout le confort moderne et de partir pour un exode éternel, mais combien sont-ils exactement, et comment les atteindre pour leur parler de notre rêve ? Nous ne voyons plus que l’océan pour les disparus, que l’océan pour qu’ils disparaissent totalement de nos pensées et même de nos rêves.

© Laurent Margantin _ 6 août 2011

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