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Oeuvres Ouvertes : Rendez-vous de lecture numérique (1)

Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

Rendez-vous de lecture numérique (1)

faire vivre la littérature en numérique, c’est lire et donner envie de lire des textes contemporains

Voilà de nombreuses années que, présents sur le web, nous lisons des livres parus chez des petits ou des grands éditeurs et que nous en rendons compte sur nos sites. Or depuis dix ans qu’existe l’Internet littéraire de langue française, que de textes novateurs ont été mis en ligne par des auteurs qui, fatigués d’envoyer leurs manuscrits à des maisons d’édition, ont préféré recourir au web comme espace de publication pour leurs écrits. Lus par d’autres internautes, ces textes n’ont toutefois jamais trouvé de réception critique, en raison principalement de discours méprisants sur Internet en général : de la sous-littérature qui ne peut intéresser les défenseurs de la grande littérature.

Mais depuis trois ans le web se développe comme un espace où des textes ne sont plus simplement mis en ligne, mais édités selon des procédures et des formats nouveaux, qui ne sont plus celles et ceux de l’édition traditionnelle. Publie.net, fondé en 2008 par François Bon, se présente comme une coopérative d’auteurs. Des auteurs éditent d’autres auteurs, accueillent leurs textes, les lisent et les relisent, les formatent selon les nouveaux paramètres numériques qui eux-mêmes évoluent. De là naissent des expérimentations éditoriales. D’autres éditeurs numériques sont apparus ces trois dernières années, que l’on peut découvrir sur le nouveau site d’Une Autre rentrée littéraire.

Aujourd’hui, pour ce premier rendez-vous de lecture numérique, il sera surtout question de textes édités chez Publie.net, mais j’invite bien sûr les autres éditeurs numériques à me faire parvenir des SP via mon adresse email, je les lirai ou bien les ferai parvenir à des lecteurs qui pourront être intéressés (je ne peux évidemment garantir qu’ils seront ensuite présentés ici). Ce rendez-vous est lui aussi expérimental, chaque participant présentant comme bon lui semble les textes lus. En ce qui me concerne, je rends compte de publications depuis dix ans à la vénérable Quinzaine littéraire et je continuerai à le faire, mais je ne reprendrai plus ces articles en ligne. Ici, il sera question d’auteurs et de textes 100% numériques réalisés par des éditeurs pure-players, non pas par goût de la polémique, mais parce que j’ai le sentiment que la littérature contemporaine éditée en numérique a atteint une certaine maturité, et qu’elle a besoin de nouveaux espaces de critique littéraire où on ne parle que d’elles, loin du foin commercial des livres papier.

Ce n’est pas la première fois que je rends compte sur ce site de textes 100% numériques, voir par exemple les pages consacrées à des textes de Laurent Grisel et d’Arnaud Maïsetti, ou celle sur le livre de Thierry Crouzet, L’Edition interdite, paru chez Numeriklivres. Ces écrits existent pour eux-mêmes sur le web, loin de l’édition papier, alors pourquoi ne pas les aborder selon une approche à la fois personnelle et critique ? Nous en tirerons très certainement des enseignements pour notre propre démarche d’écriture.

Merci à Christine Jeanney, Brigitte Célérier, Michelle Bourgoin et Tiphaine Touzeil qui signent les articles de ce premier rendez-vous. A signaler le blog de Christine, Page à page, devenu récemment Lignes e-lignes, un des premiers où j’ai lu des critiques de textes édités en numérique, ainsi que celui de Brigitte, également pionnière dans ce domaine.

Prochain rendez-vous de lecture numérique le 1er novembre, envoyez-
nous vos livres en SP ou des compte-rendus !

 

Premier rendez-vous de lecture numérique

La Tendresse, de Jacques Ancet, 120 pages, éditions Publie.net

« pourquoi ce désir de t’écrire toi qui n’es pas, y trouverai-je ainsi à exister moi-même enroulant ma phrase autour du ventre d’ombre »

C’est un exercice perdu d’avance de vouloir rendre compte / présenter / simplement dire un texte de Jacques Ancet, exprimer cette capacité qu’il a de fonctionner en cercles concentriques jusqu’à une moelle commune à tous mais que personne n’avait atteinte comme il le fait, avec cette méticulosité du mot, cet abandon et cette acceptation de laisser monter en soi ce qui bouleverse.

La Tendresse, une litanie poétique, de très longues phrases et peut-être une seule phrase coupée par de petites respirations qui forme des pans ou des parties, centrées autour d’un « un » ni nommé, ni défini.

D’entrée, on partage une sorte de gestation mystérieuse, ce serait le dialogue secret d’une femme enceinte avec un « un » diffus. Puis se poursuit l’étirement de ce fil qui lie le « un » à soi, et La Tendresse s’explore dans cette capacité à surmonter la séparation, à en déjouer les vides et les trous noirs quand le « un » devient autre que soi mais pas seulement et pas vraiment entièrement, ces moments où l’on peut réussir à conserver des bribes, la gratitude exprimée à la vie, sous-jacente.

Des pensées qui traversent ce que voit le regard et ce qu’entend l’oreille, cris d’enfants, l’espace de la nuit, des figures maigres et misérables, dans la tête posée sur la main, dans le geste d’écrire, « les mots sont une lente procession d’insectes, j’entends leur grésillement ».

Chaque angle approché de La Tendresse pourrait devenir citation. Jacques Ancet provoque l’envie de noter, de revenir sur sa parole lentement, longuement. Au milieu du rythme ample de ce texte, de petits poèmes sourdent, pourraient s’extraire et vivre seuls :

« j’écoute la nuit, sa voix emplit les chambres de terreurs lointaines »

« l’instant est un mot arrêté que je regarde longuement sans le comprendre »

« un vide clair comme une plage très tôt le matin »

« j’écris pour que le temps m’emporte, ne meure pas sans moi, mots du petit poucet »

La Tendresse chercherait - c’est ma lecture, elle est sans doute bien limitée - le chemin vers ces moment indicibles où se palpent l’évidence de l’existence complète au monde, tous les sens tendus vers cette fraction d’infini, la finitude présente aussi, la capture de l’éphémère, sa brillance.

« je vous contemple, en cet instant vous êtes immortels, une seule fois et pour toujours, je ne sais pas écrire cette merveille mais je la cherche »

Non, réellement, c’est un exercice perdu d’avance pour moi de vouloir présenter un texte de Jacques Ancet, sans passer par la multiplication des extraits pour montrer la matière, belle, ondulante et dure. Sans finir par une injonction presque impatiente, à en taper du pied sur le sol, mon impuissance à dire autre chose que Lisez, lisez Jacques Ancet.
« tes yeux étranges, soudain, qui me fixent ou ce contact encore de ta main dans la mienne, la mouche s’obstine, le temps coule de mes yeux, de mon nez, de ma bouche, de chaque pore, je sue du temps, j’en pleure, un fleuve invisible m’entoure, silence, tiédeur des corps, bonheur instantané, la mer est d’un bleu d’enfance, mouettes et lumière, je respire doucement, cherchant toujours, suspendu à un fil, perdu, chaque jour, recommençant, le laurier le vent et toi qui demandes, comment on écrit clé, j’épelle c l, oui, é accent aigu, c’est ça, c l é accent aigu, suivant des yeux un gros insecte errant de fleur en fleur »

Christine Jeanney

C’était, de Joachim Séné, éditions Publie.net, 100 pages

Réunion de textes rédigés presque quotidiennement dans le cadre du convoi des glossolales (ensemble de textes anonymes paraissant chaque jour, plus ou moins long selon les contributions, avec la contrainte née de la limite : un paragraphe, et dans ce cas précis cette contrainte supplémentaire : commencer par « c’était ») comme le journal d’un emploi. D’une justesse parfaite pour tous ceux qui ont connu cette expérience, en passant outre aux différences venues du métier : ici programmateur ou quelque chose d’approchant.

Le travail de bureau, ce qu’il comprend d’initiative, mais toujours contrainte, les rapports de bureau, et dans les moments de pause entre humains qui se côtoient, jour après jour, dans un bureau, la fatigue, le temps donné, le poids de cette vie, y compris le plaisir qui peut venir du travail, les déceptions, la routine, les recommencements, les collaborations, le travail en commun et les méfiances, les rivalités ou les irritations, les envies de pied-de-nez, les clients, leurs exigences, le désir de satisfaire, les réunions, ces jours de repos où l’on vient travailler, seuls, ou presque, pour une urgence et l’ambiance des lieux déserts, un élan pour une femme rencontrée chaque jour ou presque, dans ces trajets quotidiens dans le métro, l’importance de l’environnement, des objets, de ce qu’on perçoit des saisons, le passage du temps.

Brigitte Célérier

Théorie des orages, de Lucien Suel, éditions Publie.net, 39 pages.

J’aborde l’œuvre de Lucien Suel par son versant numérique. Aux éditions Publie.net, trois textes déjà, dont cette Théorie des orages, singulier texte (poème ?) en prose composé d’une multitude de visions associant la réalité la plus brute à des forces inconnues, à des énergies invisibles.

Théorie : observation, contemplation selon l’étymologie grecque ; « construction intellectuelle méthodique et organisée (dixit mon Petit Robert) ; et aussi (et peut-être surtout pour ce qui nous intéresse ?) : cortège, défilé, procession. Le texte de Suel serait une procession d’orages, phénomènes physiques et météorologiques se produisant dans une masse d’air instable, au cœur de laquelle se produisent des décharges électriques. Mais il n’est pas dit que la théorie ne soit pas également organisation et observation.

A chaque ligne, à chaque page de ce texte surgissent des images inattendues, des associations étranges qui rappellent évidemment la poésie surréaliste. Une forme d’écriture automatique semble pratiquée. Mais loin de n’être que de pures productions psychiques, il semble qu’une espèce de « physique du langage » s’exprime ici, conciliant actes de l’esprit et réalité terrestre : « À travers les larmes de vent, l’âme respire l’odeur passagère de la vie potagère ». Images même grotesques parfois, comme si l’électricité de l’air orageux générait des éclairs verbaux, déchirant notre espace de représentation dite « logique ».

D’où les variations dans les styles d’écriture, parfois lyrique, puis plus narratif – mais c’est toujours l’électricité qui emporte tout, poussant la langue à des bonds, à des métamorphoses soudaines, et c’est bien elle le personnage principal de ce récit qui n’en est pas un : « L’électricité se gave de viande et de cellulose ».

Jusqu’à ce point du texte où se produit une série de représentations de l’orage sous forme de poème visuels qu’affectionne Lucien Suel. Il en est question dans l’entretien que j’ai réalisé avec lui il y a quelques jours : « Je peux utiliser un logiciel de traitement de texte et dans la minute qui suit, prendre mes ciseaux et de la colle pour fabriquer un poème visuel ou concret avec des mots et des images découpées dans du papier (que je pourrai éventuellement scanner et mettre en ligne). »

Un des orages qu’évoque ce texte dans sa dernière partie est celui de la technique. Comme dans l’air, l’électricité y règne en maître : "Les antennes du monstre multinational fouillent
le cosmos. Autocollants des appellations blasphématoires
 : TF1 F2 F3 CBS CNN CANAL+
MTV M6 RTL..."

Force de cette électricité imposant heure après heure son langage, auquel s’oppose un « orage secret » sur lequel se conclut ce texte étonnant, orage de la poésie générée par une entente éternelle entre l’homme et la nature : « L’homme se tourne vers les soupirs
croissants, soulève le col de sa veste en toile et
regarde l’air en mouvement. La haie change de
couleur. »

Laurent Margantin

Emile Delcroix et l’ombre sur Paris, de Jacques Fuentealba, édition Walrus.

Au fil des mots c’est une peinture riche et merveilleuse qui nous entraîne dans un monde fantastique. Mais ne nous y trompons pas, l’étrange et le fantastique sont admirablement équilibrés par des descriptions d’un Paris en 1863, avec tous ses personnages réels ou…augmentés de pouvoirs étonnants.

Et c’est les deux pieds bien ancrés sur terre que nous suivons Emile dans sa quête. Il est étudiant aux Beaux-Arsestranges, les poches bourrées de craie, de couleurs magiques et d’un petit carnet de croquis, il cherche avec passion à faire naître sa muse, petit pégase à la robe argentée, incarnation de son Inspiration d’Artiste

Une Actrice, "Fée à la chevelure Emeraude", est dans son sillage. Nous assistons alors à plusieurs représentations d’une pièce de théâtre, et selon la façon dont on choisit d’y assister, nous ressortirons du Théâtre en pleine possession de nos moyens, ou entraînés pour quelques jours dans le monde crée par les Artistes.

Un drame se joue : la Muse est dérobée par un étrange personnage et Emile constate que son talent peu à peu s’endort. Accompagné de Floriane son amie Actrice aux cheveux d’Emeraude, ils se lancent dans une folle course sur les toits de Paris, dans les sous-terrains les plus sordides de la Sorbonne. Un drôle d’Hommechat les accompagne. Et dans le même temps, une ombre étrange et écrasante s’étend au dessus de Paris…

Jacques Fuentealba nous invite à une ballade en lecture, au sens Moyenâgeux, et je dirais que le roman se situe pour moi, entre Harry Potter et La Citadelle des Ombres, avec ce quelque chose en plus, que l’on ne peut décrire, que l’on ne peut écrire, qui doit être savouré, lu, apprécié.

Sortir de ce livre est un déchirement tant nous sommes enchainés aux personnages, aux descriptions fines et ciselées comme un verre de Venise, à la magie de l’écriture qui nous perd parfois en un monde fantastique, pour nous propulser en un instant dans une réalité quotidienne, qui s’élève alors sur des plans multiples et étranges.

En quelques mots : je suivrais cet auteur avec une grande attention, certains passages de ce livre méritent à eux seuls une relecture
qui permet d’entrer en collision avec le Talent. D’autres passages m’ont parus un peu lourds, un peu convenus, trop surjoués ;
les alléger et prendre le chemin du Talent sera le défi de Jaques Fuentealba

Michelle Bourgoin

19 francs, de Daniel Bourrion, éditions Publie.net, 29 pages

Le prix ne fait pas la qualité. S’il fallait encore le prouver « 19 francs » de Daniel Bourrion est mille fois plus savoureux que « 99 francs » de qui vous savez. J’ai connu Daniel Bourrion par l’intermédiaire de son site, Face Terres (http://www.face-terres.fr ), immédiatement séduite par un rythme particulier, une langue concise, précise, qui va droit à l’essentiel. L’écriture de Bourrion me fait penser à certains vers de Baudelaire, de ceux qui laissent des traces indélébiles dans la mémoire, qui prennent racine à l’intérieur :

« Quelqu’un viendra qui aura ton nom et ton visage et ce sera un autre. »

« 19 francs » est l’histoire d’un livre, de son achat, de sa lecture, de son devenir. Pourquoi est-ce si important, cette trajectoire qui, d’après l’auteur, pourrait presque se résumer à cinquante mètres en vingt ans ? Qu’est-ce que ce trajet dit du livre, de l’auteur, du paysage et, enfin, de la mémoire ?

D’abord, parler du livre, LE livre : « Le livre, c’était « L’occupation des sols » de Jean Échenoz ». On ne saura rien de son contenu, on saura qu’il fait 24 pages, on saura où il a été lu, puis relu, on saura le chemin parcouru à pieds, en bus, on saura le nombre de mètres qui le séparent de son point de départ et de son point probable d’arrivée. C’est peu et c’est pourtant le fil conducteur de « 19 francs ». Le voyage d’un livre. Dès lors, on est forcé de se demander pourquoi ce livre, pourquoi pas un autre ? La réponse est, en partie, dans le symbole. Bien sûr ce n’est pas tout à fait le livre qui voyage, ou plutôt, il n’est qu’un support. L’important n’est pas l’objet livre, en tant que tel, mais bien ce qui se trouve à l’intérieur, le trajet de la mémoire, la folle liberté des associations, où étais-je quand j’ai lu ce livre, que faisais-je, qui étais-je ?

L’histoire de « 19 francs » c’est aussi l’histoire de son auteur. Je ne sais pas qui parle, je suppose que c’est Daniel Bourrion, puisqu’il dit « je ». Je n’aime pas me compliquer la vie, au jeu de lotto-fiction je choisis de penser que c’est l’auteur qui dit « je » et que c’est à moi qu’il s’adresse. Parce que Daniel Bourrion parle à son lecteur, il le tutoie, même. Une proximité entre nous s’installe, dès le départ, par l’intermédiaire de nombreuses incises, de parenthèses, de clins d’œil. Et je découvre une autre face de Daniel Bourrion. Je le pensais sérieux, voire austère, à l’image de Face Terres : je l’imaginais assez arracher les mauvaises herbes, les fioritures, donner le texte « pur », débarrassé de sa gangue… Face terril, Daniel Bourrion nous offre une image différente, il se révèle d’une extrême pudeur teintée d’un humour léger, petit papillon si loin des gros sabots…

Face Terril… « 19 francs » est aussi l’histoire d’une région, d’un paysage bordé de hauts fourneaux. Est-ce vraiment l’histoire d’un livre ? Est-ce vraiment l’histoire d’un homme ? Dans cet ouvrage, le paysage raconte tout autant que le narrateur. On retrouve le style épuré du Bourrion de Face Terres, puisque, là encore, il va à l’essentiel. Du bus qui l’emmène de la librairie dans laquelle il a acheté son petit livre à son appartement d’étudiant, on ne sait presque rien, ou si peu. L’écriture de Bourrion, débarrassée des scories du langage, sait dire en peu de mots : « c’était un autocar, un vrai, pas un de ceux qui faisaient la ville ».

Enfin, 19 francs c’est aussi l’histoire de la mémoire. Mémoire d’un homme, bien sûr, mais pas seulement. Mémoire d’un paysage aujourd’hui transformé, mémoire d’une culture ouvrière aussi, mémoire du lecteur qui se reconnaît dans le parcours de celui qui a quitté le domicile familial pour son premier appartement. Par petites touches, les détails toujours les détails, Bourrion dresse le portrait de figures qui font écho en nous. Une fois encore, on va à l’essentiel, c’est le « libraire pas moustachu mais avec des lunettes rondes et une tellement bonne bouille » ou la patronne de la boulangerie qui fait des prix spéciaux pour que les étudiants ne crèvent pas de faim. Mémoire d’un milieu social aussi, en touches pudiques, quand l’auteur raconte l’arrivée timide de l’étudiant dans la librairie :

« on voyait des bouquins posés partout et même, des qu’on savait déjà qu’on les lirait jamais parce que ça parlait de trucs tellement bizarres qu’on se sentait intimidé – tu parles, fils de routier, tu rentrais pas dans une librairie comme ça (…) c’était pas rien, d’y aller, ça marquait l’entrée dans le monde de l’université, tu vois, dans le monde des gens qui pensent »

Mémoires… 19 francs est un livre de mémoires. Celles d’un livre, d’un auteur, d’une région, d’un lecteur aussi. Et Bourrion de s’interroger, de nous interroger :

« Pourquoi je raconte ça ? Peut-être parce qu’il n’y a aucune trace de cette anecdote dans aucun disque dur, à part dans le disque mou que j’ai dans ma tête. Alors... » Alors, la fin du texte apporte une merveilleuse réponse à la question, mais je vous laisserai la découvrir par vous-mêmes.

Un livre contre l’oubli, contre les oublis, un livre pour dire l’auteur du livre, un livre pour dire l’autour du livre aussi.

Si vous ne lisez pas « 19 francs » alors le monsieur à la bonne bouille, le chien mort qui pèse si lourd, la cathédrale jaune qu’on voudrait prendre dans ses bras et les deux petites pièces rondes et jaunes disparaissent un peu plus…
Vous ne voudriez pas ça !

Tiphaine Touzeil

© Laurent Margantin _ 1er octobre 2011
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