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Oeuvres Ouvertes : Transformation sociale et création culturelle (2), par Cornelius Castoriadis

Oeuvres Ouvertes

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Transformation sociale et création culturelle (2), par Cornelius Castoriadis

suite

La destruction de la culture existante (incluant le passé) est déjà en cours dans l’exacte mesure où la création culturelle de la société instituée est en train de s’effondrer. Là où il n’y a pas de présent, il n’y a pas davantage de passé. Le journalisme contemporain invente tous les trimestres un nouveau génie et une nouvelle « révolution » dans tel ou tel domaine. Efforts commerciaux efficaces pour faire tourner l’industrie culturelle, mais incapables de masquer le fait flagrant : la culture contemporaine est, en première approche, nulle. Lorsqu’une époque n’a pas ses grands hommes, elle les invente. Que se passe-t-il d’autre actuellement, dans les différents domaines de l’ « esprit » ? On prétend faire des révolutions en copiant et en pastichant mal – moyennant aussi l’ignorance d’un public hyper-civilisé et néo-analphabète – les derniers grands moments créateurs de la culture occidentale, soit ce qui s’est fait il y a plus d’un demi-siècle (entre 1900 et 1925-1930). Schoenberg, Webern, Berg avaient créé la musique atonale et sérielle avant 1914. Combien parmi les admirateurs de la peinture abstraite connaissent les dates de naissance de Kandinsky (1866) et de Mondrian (1872) ? En 1920, dada et surréalisme étaient déjà là. Quel est le romancier que l’on pourrait ajouter à l’énumération : Proust, Kafka, Joyce … ? Le Paris contemporain, dont le provincialisme n’a d’égal que la prétentieuse arrogance, applaudit furieusement des metteurs en scène audacieux qui copient audacieusement les grands novateurs de 1920 : Reinhard, Meyerhold, Piscator, etc. Il y a une consolation que l’on éprouve lorsque l’on regarde les productions de l’architecture contemporaine : c’est de penser que, si elles ne tombent pas en ruine d’elles-mêmes d’ici trente ans, elles seront de toute façon démolies comme obsolescentes. Et toutes ces marchandises sont vendues au nom de la « modernité » - alors que la vraie modernité est déjà âgée de trois quarts de siècle.

© Cornelius Castoriadis _ 18 décembre 2011

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