Œuvres ouvertes

Semaine des blogs littéraires (2) : Josée Marcotte

chaque jour de cette dernière semaine de l’année, un texte choisi chez un auteur dont on a aimé suivre le travail en ligne en 2011

Pour découvrir l’univers de Josée Marcotte, il suffit d’aller sur son blog L’Imachination, au carrefour de différents travaux d’écriture, dont un intitulé Marge, un autre Mémoires d’Outre-songe. J’extrais de ce dernier une présentation par Josée de deux de ses personnages, pour aller plus loin on peut naviguer sur ses blogs ou bien lire Marge, un livre numérique aux éditions Publie.net (qui annoncent par ailleurs la prochaine parution de Princesse Apocalypse).

 

Josée Marcotte | Temps

Lorsque je rencontrai Marge et Princesse Apocalypse, je découvris deux conceptions du temps et deux comportements diamétralement opposés, et moi qui tâchai de me tisser une place entre les deux.

Marge, le flou temporel, le fou du temps, ce fantôme qui bouffonne dans les draps de l’horloge et qui ne fait pas peur à grand monde au final, même pas à elle-même, hors-là, se croyant à tort et à travers hors-tout, qui ne prend rien au sérieux, absolument rien sauf l’humour, cet aspect rigide de l’Être entrant sitôt en contradiction avec sa nature première et dévoilant alors une Princesse Apocalypse dans ses replis, une femme vindicative, sèche, qui se voudrait de bois, morte comme l’arbre debout, à l’image du métier à tisser des Parques, qui choisit de gouverner le pays plutôt qu’elle-même, hyperconsciente d’une linéarité inéluctable et sa mort à la clé, égocentrée à moitié aveugle à ses sens se vengeant à l’avance de sa propre fin, muée par le désir profond de tout intellectualiser, véritable maîtresse de Monsieur Teste pour ainsi dire, pour créer du sens dans l’absence, pour dessiner cette belle ligne claire et nette, et non les pointillés que Marge s’amuse à trancher, pour déstabiliser, ou les bavures que cette dernière laisse avec sa main moite sur le papier, pour dédramatiser un peu.

La vie me sied mal, la mort m’ira peut-être mieux, comme disait Chateaubriand.
La marge me sied mal, l’apocalypse m’ira peut-être mieux, ou vice versa, je dis.
Vice versa, car, en réalité, rien ne fut, ni rien ne sera aussi propre et si bien rangé : le bouffon et le roi, le flou et la linéarité, la marge et l’apocalypse, le calembour et l’oxymore, la vie et la mort, toutes les entités se métissent.

Contre toute attente, les deux femmes refusent encore d’être séparées,
à mon grand avantage.

© Josée Marcotte _ 27 décembre 2011

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