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Oeuvres Ouvertes : Une ville (13 boucles), d'Emmanuel Delabranche

Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

Une ville (13 boucles), d’Emmanuel Delabranche

par Canan Marasligil

À travers ce texte, Emmanuel Delabranche nous raconte une ville, une ville qui m’est personnellement inconnue mais dans laquelle je reconnais d’autres villes ; où je suis née, où j’ai vécu, que j’ai moi aussi abandonné. Savoir que la ville que nous décrit Emmanuel Delabranche est le Havre peut aider à comprendre certains passages très personnels, clairement construits sur les souvenirs mêmes de l’auteur. Mais en même temps, ça peut aussi ne jamais avoir d’importance. Le nom de la ville n’apparaît jamais dans ce texte, c’est Une ville. Chaque lecteur pourra former sa ville : réelle, imaginaire, mémorisée ou oubliée.

Une ville (13 boucles) est un long poème. Au fil de ma lecture, je me suis rappelée de textes d’auteurs tels que Anne Carson, George Bowering, Yolande Villemaire… si pas dans leur thèmes, en tout cas dans leur invention au niveau de la langue, de leur richesse poétique.

Le texte d’Emmanuel Delabranche est rythmé par son absence totale de ponctuation : des mots qui s’enchaînent, qui sortent du plus profond de l’auteur, qui continuent à vivre dans l’esprit du lecteur, mais aussi dans sa voix. À chaque nouveau paragraphe j’ai eu l’envie de lire à voix haute ces mots entrelacés, comme si ça allait me permettre de mieux déambuler dans la ville.

Chaque “boucle” s’ouvre avec un polaroïd. Une image en noir et blanc d’un lieu à peine visible par celui ou celle qui ne le connaissait pas déjà. Un moment capturé de cette ville en constant mouvement.

“Une ville ouvrière une ville de dockers mais ça c’est le passé la ville est devenue un bien immobilier fier et plus rien n’y peut changer le cadre est devenu tableau abandonnant le regard et le béton patrimoine lui qui n’était que pierre du monde moderne et la poésie de s’en échapper”

Delabranche nous raconte également les mouvements humains, les migrations, la gentrification, les effets de la globalisation sur la ville, effets que nous pouvons reconnaître partout, que je reconnais personnellement, de Bruxelles à Istanbul.

“Les contre sens ne font peur à personne et la ville de devenir partimoine au travers de ses édifices artifices et non de ce pour quoi elle a toujours existé”

“Cette ville n’est pas la mienne j’y ai vécu ils l’ont reprise la transforme la modèle comme une idée sans même réfléchir à ceux qui sont dedans pensant à l’image qu’elle renvoie à la place qu’elle a dans cette course des métropoles agglomérations et autres communautés urbaines et eux de dépenser tout et de donner ce dont personne n’avait besoin et les autres de finir par y prendre plaisir y perdant leur argent”

Et puis il y a l’écriture qui naît du regards mais aussi des notes que prend l’auteur, “ces gestes de la main et de la pensée”, qui forment le rêve et l’invention, qui nous offrent ce très très beau texte, qui nous fait (re)découvrir une ville.

Une ville (13 boucles), d’Emmanuel Delabranche, éditions Publie.net, 84 pages.

© Canan Marasligil _ 1er mars 2012

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