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Oeuvres Ouvertes : Un roman d'épouvante, de Jean-François Paillard

Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

Un roman d’épouvante, de Jean-François Paillard

par Laurent Margantin

Un texte étonnant que ce Roman d’épouvante. Construit d’abord sur une série d’oppositions (« j’étais visible et invisible à la fois »), le portrait du monstre – lire à haute voix les premières pages pour en capter toute l’intensité – est tout langage, langage comme univers contenant le Mal à volonté, selon d’infinies combinaisons de mots. C’est à ces combinaisons verbales du Mal que nous invite Paillard, d’abord dans une espèce de soliloque de l’être provoquant l’épouvante autour de lui, bien malgré lui semble-t-il (« J’avais cette chose en moi lors de cette promenade »), être monstrueux parti dans une dérive qui est le texte même en train d’être lu, - fuite en avant du texte et du lecteur.

Alors notre attente du monstre – puisque, si nous avons ouvert un roman d’épouvante, c’est bien dans l’attente de découvrir un monstre – a-t-elle lieu dans la lecture, dans cette dérive verbale vertigineuse, comme si l’épouvante se jouait là, dans notre rapport au langage du récit, du langage en tant qu’il génère sans cesse de l’étrange, à même les choses les plus banales rencontrées.

Un Roman d’épouvante est ainsi une longue liste de choses mises en série, reliées par la capacité de l’auteur et du lecteur à y faire surgir du monstrueux par le simple effet d’accumulation. Séries de mots, séries de choses sans cesse combinées et recombinées, et si c’était la totalité du langage censée exprimer la totalité du réel qui faisait épouvante, chaque mot rebondissant sur un autre (le fil du récit se déploie ainsi, d’un mot repris à un autre mot repris), chaque mot, même le plus « innocent » prenant une tonalité et même une fonction criminelle à partir du moment où il est pris dans cette combinatoire qu’à lire et relire je trouve vraiment étourdissante, composant un texte étranger à tout ce qui est offert à lire, un texte vraiment singulier ?

Un roman d’épouvante, de Jean-François Paillard, éditions Publie.net, 93 pages

© Laurent Margantin _ 1er mars 2012
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