Éditions Œuvres ouvertes

Plus ils se découvriront moins il y aura de magie

Du 26 au 30 juin, vingt-cinquième chapitre de 2006

Lundi 26 juin 2006
Un soldat israélien, M. Gilad Shalit, a été kidnappé en territoire israélien par le Hamas.
C’est pour le récupérer que l’armée israélienne envahit la bande de Gaza. Ils ont nommé cette opération « Pluie d’été ». La disproportion des moyens est grotesque. Alors qu’ils ont assis leur réputation sur les opérations de commandos, les « attentats ciblés », etc. Donc juste un prétexte pour faire la guerre.
Je suppose que la combinaison de l’arrêt du soutien des États-Unis et de l’Union européenne au gouvernement palestinien, plus l’attentat contre la foule de l’ancienne gare centrale de Tel Aviv, plus la supposée indignation suscitée par l’élection d’une majorité de députés favorables au Hamas... tout cela combiné a donné le feu vert à l’exécution de plans préparés de longue date par l’état-major.


Jeudi 29 juin 2006
Une opération de commando. L’armée israélienne a capturé huit ministres du gouvernement palestinien, membres du Hamas, y compris le ministre des Finances.
Ils n’ont pas avalé le résultat des élections.
Une opération politique menée avec des moyens militaires.
Il n’y a pas de liberté.


Vendredi 30 juin 2006
La loi DADVSI relative au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information est adoptée. Au prétexte de sauvegarder la création et les droits d’auteur, surveillance de tous les ordinateurs. Grands cris des grands éditeurs de musique, films, dont on sait qu’ils noient le peuple sous la soupe. Cette politique de surveillance née aux États-Unis, imposée en Europe, venue ici en force.
Mais cette défaite ne laisse pas les vaincus défaits, au contraire. Tout au long de cette affaire les partisans de la loi ont été traités de crétins, d’incompétents, de dépassés par les partisans de la liberté d’accès. Au reste, ce qui se dit, c’est que cette loi DADVSI est inapplicable. La lutte ne désarme pas. Comme si la victoire contre le CPE obtenue après la promulgation de la loi, ce geste sidérant de Chirac annonçant à la télévision dans le même souffle qu’il promulguait la loi et qu’il demandait qu’elle ne soit pas appliquée, avait bien ancré dans les esprits de tous les lutteurs, à propos de n’importe quelle lutte, que le calendrier ne s’impose plus. Au reste, même sans cette histoire renversante de CPE, la folie de légiférer à tout propos et de sans cesse voter de nouveaux châtiments a bien persuadé tout un chacun que les lois sont de peu de vie, durée, valeur.
C’est l’ambiance d’en ce moment, et c’est ce qui dans l’atmosphère nous fait humer un parfum de tournant historique, de système essoufflé dans toutes ses composantes, ils n’ont pas beaucoup de recettes et ils sont condamnés à les répéter de plus en plus souvent, de plus en plus vite – d’une part les demi-victoires comme les défaites renforcent les consciences et les déterminations, d’autre part quelle que soit la dispersion des fronts et des motifs tous ces événements ont un effet cumulatif ; l’élan est irrésistible et il est sans cesse renforcé.
Les autres, en face, ils n’ont plus la magie de leur côté. Ils avanceront de plus en plus à visage découvert. Et plus ils se découvriront moins il y aura de magie, plus il y aura de clarté et de détermination.
Par conséquent très grande importance, vitale pour eux, du brouillage des esprits et des mots.

La presse complaisante nous apprend que M. Jacques Chirac, le président de notre ploutocratie, a assisté à une cérémonie de naturalisation – devant 138 nouveaux Français il a osé parler de « l’honneur d’appartenir à une grande nation ». Il n’a pas parlé de l’honneur que ces personnes nous font.


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© Laurent Grisel _ 2 avril 2012

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