Œuvres ouvertes

Une question de géométrie ?

Du 25 au 30 juillet, vingt-huitième chapitre de 2006

Mardi 25 juillet 2006
À force, ce qui saute aux yeux c’est la supériorité aérienne dans tout le ciel libanais avec toutes les erreurs d’appréciation qu’elle permet, les scandales qu’elle provoque, une supériorité militaire qui se transforme en catastrophe politique et, d’un autre côté, le piétinement au Sud-Liban, base de lancement des missiles, le seul objectif qui paraîtrait légitime même pas encore atteint malgré le feu partout.
Il faut couvrir ce désastre de beaucoup de bavardages, on a droit à tous les experts militaires. Grosso modo, c’est l’humanité des militaires qui est la cause : ils n’osent lancer leurs fantassins vulnérables dans une région truffée de pièges car ces islamistes antidémocrates sont dans la population comme des poissons dans l’eau, leur démagogie religieuse et charitable asservissant les villageois, d’où toute latitude pour creuser d’innombrables souterrains, des réseaux de communication d’une efficacité diabolique, etc.
Du coup, la grande nouvelle du jour, c’est que l’armée israélienne dit avoir pris « difficilement » (entendre, héroïquement) le contrôle de la commune de Bint-Jbeil, ressassée « le QG du Hezbollah » dans ce secteur. Finalement, on dirait que c’est faux. Ils auraient été repoussés.
Peu à peu l’impression s’impose que cette campagne est un désastre à tout point de vue, pour le Liban détruit méthodiquement, pour Israël toujours vulnérable et qu’on disait invincible car devant vaincre sa fragilité, si fragile noyé au milieu de tous ces pays hostiles et tellement supérieurs en nombre qu’une seule défaite lui serait mortelle – alors, cette défaite ? Ne sera pas mortelle, bien sûr, mais très grave, oui.


Jeudi 27 juillet 2006
Quatre officiers de l’ONU en poste à la frontière sont tués.
D’après l’ONU, les Casques bleus avaient demandé à dix reprises, à l’armée israélienne, dans les six heures précédant le bombardement, de ne pas attaquer leur position.
Ils se sentaient menacés. Ils ont vu leur mort venir.
Au milieu de ces déluges de malheurs, il y a des soldats de la paix qui ne servent à rien et qui se font canarder. Tuer. Je suppose qu’ils gênaient. Une question de géométrie, de trajectoire ?


Samedi 29 juillet 2006
Finalement l’armée israélienne se retire de Bint-Jbeil sans jamais l’avoir pu contrôler complètement. Combats de faubourgs, de maison à maison.
Les Israéliens ont perdu les deux guerres, celle de l’infanterie et celle de la propagande. Il leur faut trouver un moyen de se retirer sans dire ouvertement ce que tout le monde sait, qu’ils sont défaits. Combien de temps prendra cette mise en scène, on ne sait, mais sûr que le décor sera dressé de morts, de destructions. Un décor convenable pour les diplomates et les journaux.


Dimanche 30 juillet 2006
Ce qui restera sous le nom de « bombardement de Cana ».
Les avions détruisent un immeuble de trois étages, une base de lancement de katiouchas disent-ils.
Vingt-huit morts dont seize enfants.


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© Laurent Grisel _ 12 avril 2012

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