Éditions Œuvres ouvertes

Nulle trace de réparations

Du 7 au 12 août, trentième chapitre de 2006

Lundi 7 août 2006
Israël à la conquête du Sud-Liban. Ils y vont à pied. Soldats au sol, fumées des moteurs diesel.


Mercredi 9 août 2006
Israël décrète un couvre-feu sur les localités libanaises dans la région qu’ils occupent, au sud de la rivière Litani, cette région occupée pendant des années par l’armée du Sud-Liban, une armée armée et entretenue par eux, puis fief du Hezbollah.


Jeudi 10 août 2006
La police britannique annonce avoir déjoué un projet d’attentats terroristes qui devait faire exploser dix avions.
George W. Bush, le président des États-Unis, se précipite aussitôt, il prononce un court discours pour dire que la guerre est toujours d’actualité face aux « fascistes islamistes » et que « ce serait commettre une erreur que de croire que le pays n’est pas menacé ».
Impossible de ne pas penser que cet attentat heureusement déjoué est une manipulation.
L’expression « fascistes islamistes » est destinée, je suppose, à nous faire croire qu’il combat pour la démocratie mais ça ne marche pas du tout. Un régime fondé sur la peur, le Patriot Act et le perpétuel détournement des mots n’est pas un régime démocratique.

Le « Cabinet de Sécurité » israélien promet de passer de 10 000 à 30 000 fantassins au Sud-Liban.

Le Liban publie un bilan des destructions ; il y aurait environ 7 000 logements, 900 usines, commerces, fermes et marchés, 630 kilomètres de routes, 29 infrastructures vitales (aéroport de Beyrouth, ports, réservoirs d’eau, stations d’épuration, centrales électriques) ; sans oublier des relais de télévision, radio et téléphonie, des sites religieux, des bases militaires, etc.
Le gouvernement libanais va-t-il exiger des réparations pour dommages de guerre ?


Vendredi 11 août 2006
Hier, à Marjayoun, les Israéliens ont perdu plus d’une dizaine de chars d’assaut et se sont enfermés dans une caserne tenue par le général chrétien Daoud.
Marjayoun, ville chrétienne à quelques kilomètres de la frontière et sur la route de la rivière Litani qu’ils cherchent à atteindre. Itinéraire plus facile que de passer par d’autres villes sous influence du Hezbollah. Ils entrent dans la ville tranquillement et sans problème comme ils l’espéraient. Embuscade. Perdent des chars, des hommes. S’enfuient. S’arrêtent. Décident de revenir sans les chars. Se font encercler. Entrent dans la caserne qui les sauve.
Même passer par une ville chrétienne n’est plus garantie de succès.

Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte à l’unanimité une résolution parrainée par le Danemark, les États-Unis, la France, la Grèce, la Slovaquie, et le Royaume-Uni.
Les principaux changements qui permettent de l’adopter sont, d’une part l’exigence de retrait de l’armée israélienne en même temps que le déploiement simultané de l’armée nationale libanaise et des forces de l’ONU au sud du pays, d’autre part l’exercice de la souveraineté nationale par le gouvernement libanais sur la totalité de son territoire
La souveraineté nationale bafouée est réaffirmée, élargie, exercée.
Mais je ne vois nulle trace de réparations. Israël n’aura pas à rembourser pour ses destructions, je ne vois rien en ce sens en tout cas.


Samedi 12 août 2006
Un convoi d’une centaine de voitures fuyant le sud du pays s’est fait bombarder par un drone, il y a au moins six morts et seize blessés.
Le Conseil de sécurité approuve le cessez-le-feu au Liban.
Le commandant des forces spéciales du Hezbollah, responsable de l’enlèvement des deux soldats israéliens, a été tué. Pour obtenir ce résultat, ils ont bombardé et détruit onze bâtiments de plusieurs étages, dans le sud de Beyrouth, vidés de leur population civile – on ne pense plus à cet argument des « boucliers humains » qui pourtant justifie tout – quelques heures avant le cessez-le-feu.


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© Laurent Grisel _ 19 avril 2012

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