Éditions Œuvres ouvertes

Ce qui devrait tomber : dogme libre-échangiste, capital financier

Du 25 septembre au 1er octobre, trente-sixième chapitre de 2006

Lundi 25 septembre 2006
13h15, à Y., mon ami écologiste qui ne connaissait pas les « systèmes produits services ». Qu’est-ce que c’est ? On imagine qu’au lieu de vendre des produits on vend, ou loue, des services. Non plus une automobile, un objet, et tous les mythes montés autour, mais de la mobilité ; non plus une photocopieuse, ce dieu qui prend toute la place dans le couloir, coûte une fortune, et dieu sait si les commerciaux sont névrotiques, angoissés, insupportables, mais du photocopiage disponible, etc. Le régime de propriété est changé et l’écobilan en principe amélioré – il faut vérifier, on peut quand même avoir des améliorations de 30, 50 pour 100 à service rendu identique.
Ces idées sont développées par des imaginatifs qui travaillent dans des programmes de recherche européens, au PNUE, parfois pour des firmes. C’est une imagination sociale, politique. L’imagination s’est déplacée là. Que font les politiques ? Le militantisme ou plutôt son style, ses désirs de changement, s’est dispersé partout, force enfuie, force perdue pour les mouvements politiques, détournée, et tous ces tourbillons hors vue.
Je lui recommande aussi, très vivement, le livre de Jared Diamond, Effondrement. C’est une bonne toile de fond. Laisse encore beaucoup de travail à faire, on n’est pas obligés d’être malthusiens, mais je crois qu’on doit en tenir compte.
Nous n’allons pas nous laisser écraser par la chute de ce monde. L’autre est déjà debout sur ses pattes.


Mardi 26 septembre 2006
Ça y est, je m’abonne au bulletin du LEAP. 200,00 €, mais puisque je suis dans ce journal.
D’un coup : le n°7 du 15 septembre et les six premiers numéros.

Je commence par le n°7, 26 pages.
Ils triomphent : leurs prévisions confirmées par le FMI. Juxtaposent phrases de leurs bulletins précédents et phrases des rapports du FMI qui viennent de paraître.
Les deux rapports du FMI :
Rapport sur la Stabilité financière mondiale, du 12 septembre ;
Perspectives de l’Économie mondiale, du 13 septembre.
Les cinq éléments clés selon eux :
1. Éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis.
Baisse de 5% des ventes de maisons neuves (janvier 2006 par rapport à janvier 2005) ; près de six mois de stock de maisons à vendre, chiffre le plus élevé depuis 1998. D’où chômage accru dans le bâtiment ; et baisse de la consommation des consommateurs qui voient, vont voir, le prix de leur home baisser, puisqu’ils vivent à crédit, illusoirement riches, ils ont emprunté en gageant leur maison à une rêvée valeur future.
2. Récession économique aux États-Unis.
Liée à l’éclatement de la bulle immobilière et à la hausse des taux d’intérêt. Sont endettés jusqu’au cou, ce sont les taux d’intérêt qui déterminent leur prospérité ou leur pauvreté. Je comprends seulement maintenant l’importance mythique du personnage qui fixe les taux d’intérêt – du moins est-ce présenté ainsi : cette personne, Alan Greenspan, depuis février Ben Bernanke, hollywoodienne – je croyais que l’importance des taux d’intérêt était due à leur influence sur la Bourse, mais non, c’est l’immobilier qui était le plus important. Sans doute l’omniprésence météorologique des cours de Bourse. Il va falloir se laver la tête.
Mais pourquoi la hausse des taux d’intérêt ? Inflation, crédibilité du dollar, différences de taux avec Europe et Japon : je ne comprends rien. Voir leur bulletin du 15 juin.
3. Dilemme sur les taux d’intérêt pour la Réserve fédérale américaine.
Aux États-Unis l’inflation monte, il faudra donc monter les taux.
L’activité baisse, il faudrait donc les baisser pour qu’on emprunte plus facilement pour acheter, investir, etc.
4. Baisse forte et durable du dollar US.
Ils prévoient l’euro à 1,30 dollar fin 2006 ; à 1,70 dollar en 2007.
Les États-Unis réduiront donc d’autant leur pouvoir d’achat en biens étrangers, leur pétrole leur coûtera plus cher, ce qui réduira leur consommation, etc.
5. La hausse durable des prix du pétrole.
Entrée dans une nouvelle ère, celle du pétrole cher.
Selon LEAP :
a) « le prix du baril de pétrole ne redescendra plus en dessous des 50 $ »
b) « l’inflation est désormais au rendez-vous au Japon, aux États-Unis et dans l’Union européenne rendant les hausses de taux d’intérêt inéluctables, et en conséquence les déficits américains ingérables (car totalement hors de tout contrôle) ».
Pétrole de plus en plus cher donc inflation.


En conclusion de cet article, camembert des avoirs en dollars publié par le US Department of the Treasury (ministère des Finances américain), fin 2005.
« Avoirs » veut dire : bons du Trésor, actions d’entreprises américaines, etc.
« Billions » veut dire milliards, 10 puissance 9 – très bonne page sur le site Anglais pratique - merci aux milliers, aux millions de généreux qui partagent leurs savoirs professionnels sur internet, la plus grande base d’informations professionnelles accessible aux amateurs qui ait jamais existé.
Europe de l’euro = 1 216,1 milliards de dollars
UK, en proportion de la population de très loin le plus gros détenteur = 559,8
Japon, moins que l’Europe de l’euro = 1 091,4
Chine, deux fois moins que le Japon = 527,3
pays du Moyen-Orient exportateurs de pétrole, bien moins que ce que les caricatures antisémites laissent entendre = 160,9.
Et surtout un chiffre inconnu et incompréhensible, de tous le plus grand, offshore financial centers (paradis fiscaux) = 1 305,8 milliards de dollars.
Faudra voir du côté des paradis.
Ce camembert non commenté. Posé après un paragraphe qui rappelle leur bulletin du 15 février : « Ce sont par ailleurs les Européens qui détiennent la moitié des créances mondiales en dollars (10.000 milliards sur les 20.000 globaux). » Les chiffres ne correspondent pas. Je ne comprends pas.

Ils lancent une « " Alerte de Crise ’’ sur l’immobilier spéculatif en Europe ».
Je déteste leur emploi des majuscules.
Les marchés espagnols et britanniques vont s’effondrer à cause de la hausse des taux d’intérêt et du retrait des riches qui devront se renflouer des pertes essuyées aux États-Unis.
Ils annoncent l’effondrement des bulles immobilières européennes pour la fin de cette année.
Les banques britanniques accordent des prêts immobiliers sur cinquante ans et sur 100% du capital. Salauds ! Oiseaux de malheur !


Mercredi 27 septembre 2006
Maintenant on va voir les annonces fracassantes des trois premiers bulletins.
N°1, 16 janvier 2006 ; sur quatre chapitres, trois sur l’Europe, un sur les États-Unis : « USA 2010 : le scénario catastrophe ».
Ils raisonnent par analogie avec la chute de l’URSS. C’est culotté.
Leur question :


Quel est le Mur de Berlin pour les États-Unis ? Ou, autrement dit : Quel est le « Mur de Washington » qui lui permet de conserver son emprise sur ce qui est au cœur de son pouvoir ? Réponse : Le « Mur de Washington », c’est le Dollar, et la chute du « Mur de Washington » sera donc une grave crise de confiance affectant le Dollar.


Je vois une analogie, pas une chaîne de causes et d’effets. Encore trop touffu pour moi.
Le fait est qu’ils dirigent le projecteur vers des endroits que je ne regarde jamais ou presque, et absents de la presse aussi bien. Coïncidence qui m’incite à regarder de plus près.

Dollar US : je crois que c’est une erreur de perspective.
Outre le dollar, c’est le dogme libre-échangiste qui est leur principal instrument de pouvoir ; c’est ce dogme qui est l’expression et l’instrument de la puissance sans partage du capital financier ; c’est ce dogme appliqué et c’est le capital financier qui ont pillé, ruiné et détruit l’Argentine, installé au Chili une dictature servile, qui pillent l’Afrique riche par dette interposée, qui imposent les soi-disant « ajustements structurels » dans combien de pays, etc.
Si on suit leur raisonnement, ce qui devrait tomber : dogme libre-échangiste, capital financier.
Pour prendre leur style, cela place cette crise « dans une tout autre perspective ». Et sa solution moins simple qu’une chute de devise, un krach boursier, etc.
Je m’aperçois que leur raisonnement me manquait.
Je ne savais plus raisonner comme ça.
C’est bien ; je rajeunis de trente-cinq ans.

Ce que je comprends le mieux dans leur scénario-catastrophe, USA 2010 :


Une « super-puissance » ne peut pas durablement voir sa crédibilité externe (attractivité culturelle, morale, intellectuelle et puissance militaire) et sa crédibilité interne (légitimité institutionnelle, aptitude à incarner son propre discours) s’amenuiser fortement sans voir assez rapidement le fondement même de sa puissance et de son influence remis en cause.


Ils choisissent 2010, « symboliquement », parce que de l’invasion russe en Afghanistan (1979) à la chute du mur de Berlin (1989) il s’était écoulé dix ans. L’attaque des tours jumelles de Manhattan date de 2001. « Symboliquement » : au pif, le temps que les pertes mettent à se propager d’un domaine à l’autre, du militaire au moral, à l’économie, etc.


Jeudi 28 septembre 2006
GEAB, bulletin du LEAP, n°2, 16 février 2006.
Trois chapitres :
1. 20-26 mars 2006 – Déclenchement d’une crise mondiale majeure : « La fin de l’Occident tel qu’on le connaît depuis 1945 ».
2. Les sept facettes de la crise mondiale en gestation.
3. L’Euroland face à l’effondrement du dollar.

L’annonce fracassante :


Nous estimons désormais à plus de 80% la probabilité que la semaine du 20 au 26 Mars 2006 voit se déclencher la principale crise politique mondiale depuis la Chute du Rideau de Fer en 1989, accompagnée d’une crise économique et financière d’une ampleur comparable à celle de 1929.


« Semaine du 20 au 26 mars » : ça ressemble à du Nostradamus. Qu’est-ce qu’ils veulent dire ?
En fait :



— décision iranienne d’ouvrir à Téhéran le 20 Mars 2006 la première Bourse pétrolière en Euros, ouverte à tous les producteurs de pétrole de la région ;

— décision de la Réserve Fédérale américaine d’arrêter à partir du 23 Mars 2006 de publier les chiffres de M3 (l’indicateur le plus fiable sur la quantité de dollars circulant dans le monde).


Ils veulent dire : dans la même semaine le gouvernement américain préfère suspendre un indice plutôt que d’affronter une crise de solvabilité (les citoyens américains n’ont plus de quoi soutenir leur train de vie, ils s’enfoncent dans la pauvreté) et le reste du monde se passe d’eux. Donc, oui, on peut choisir ce moment (les dates sont annoncées dans les journaux, pas par Nostradamus) comme point d’inflexion des événements économiques et géopolitiques, bascule dans un monde où les États-Unis ne règnent plus en maîtres.
M3 est égal à M0 + M1 + M2 plus… soit, approximativement : les billets plus les chèques, plus les comptes d’épargne qu’on peut vider vite, plus tout ce qui peut se vendre sans perte sur le marché monétaire.
Tout ce qu’il faudrait rassembler, vite, si le créancier entrait dans ta maison et te mettait le pistolet sur la tempe : il faut tout rembourser tout de suite – tu sors tous tes billets et tu es ruiné.


La suppression de la publication de M3 par la Réserve Fédérale américaine illustre désormais l’impuissance des autorités monétaires et financières américaines et internationales face à une situation qui les conduit à préférer supprimer les indicateurs plutôt qu’agir sur la réalité.
La « monétarisation » de la dette américaine est par ailleurs un terme très technique pour décrire une réalité d’une simplicité catastrophique : les États-Unis entreprennent de ne pas rembourser leur dette, ou plus exactement de la rembourser en « monnaie de singe ». Et ils anticipent une accélération du processus fin mars en coïncidence avec le lancement de la Bourse Iranienne du Pétrole qui ne peut que précipiter les ventes de Bons du Trésor US par leurs détenteurs non-américains. Le choix de l’administration américaine va générer en outre une perte totale de confiance chez ses principaux alliés qui sont aussi souvent les principaux détenteurs de Dollars US (Royaume-Uni, Pays-Bas, Japon, …). Les conséquences diplomatiques, stratégiques et militaires en seront profondes et durables.


Les ménages américains surendettés, l’État aussi. Et ne peuvent rembourser. Crise de dette. Faillite. Liquidation de l’affaire : les créanciers ramassent tout ce qu’ils peuvent, l’endetté crève de faim.

Les sept facettes de la crise.


Les décisions américaine et iranienne de la semaine du 20 au 26 Mars 2006 vont catalyser en crise globale, sept crises sectorielles, affectant toute la planète dans les domaines politique, économique et financier, et probablement militaire :
– perte de confiance dans le Dollar ;
– explosion des déséquilibres financiers américains ;
– crise pétrolière ;
– disparition du leadership américain ;
– défiance du monde arabo-musulman ;
– inefficacité de la gouvernance mondiale et
– incertitudes sur la gouvernance européenne…


« Dilution de la dette américaine dans un océan de Dollars ».
Depuis octobre 2005, « la Réserve Fédérale US a augmenté de 320 Milliards de Dollars le stock de monnaie disponible, soit 5 fois plus que sur la même période de l’année précédente ». Dans le même temps la croissance de l’économie a été de 1%. La différence entre 1 et 5% donne une idée de la création de monnaie.
Pour illustrer ils reprennent un graphique d’un site qui s’appelle babylontoday – ambiance biblique.
Leurs sources ? Il doit y avoir une flopée de sites contestataires là-bas. Bibliques ?
On dirait que les citoyens américains trouveront les mots de leur malheur dans la Bible.


[…] les pays producteurs de pétrole [...] ont visiblement déjà anticipé cette évolution [la transformation de la dette US en monnaie de singe via la création monétaire et la baisse du dollar] puisque l’un des grands « mystères » financiers de l’année 2005 était lié au fait que les pétrodollars supplémentaires gagnés par ces pays ne revenaient pas s’investir aux États-Unis comme c’était le cas auparavant. L’explication retenue désormais est qu’ils ont préféré les investir en Asie ou en Europe, ou encore dans leur propre région, du fait notamment des risques accrus de saisie et gel des comptes en cas de conflit ou de problème légal.


Là encore début en 2005.


[…] au 13 Février 2006, la dette publique américaine, en accroissement de près de 2 milliards $ par jour au rythme actuel, s’élève à 8.205.376.724.587,34 $ selon le ministère des Finances des États-Unis, soit près de 28.000 $ par citoyen américain.


Il faut lire : huit mille deux cents milliards, etc.


Pour financer cette dette et plus généralement leurs déficits, les États-Unis absorbent près de 80% de l’épargne mondiale disponible.
Cette situation exige que leur économie (taux d’intérêt, productivité, etc.) soit constamment très largement plus attirante pour les capitaux que toute autre économie dans le monde (et que la confiance dans leur économie et leur monnaie soit forte).


Il y a un intérêt direct à mentir. Les rédacteurs du bulletin qualifient ce mensonge « d’intérêt national » :


Le contrôle exercé par les États-Unis et leur relais britannique (qui sont totalement liés au sort du Dollar au vu du montant de leurs créances et actifs libellés dans cette devise) sur les médias internationaux, en particulier la presse économique et financière, vise notamment à assurer que cette situation perdure puisqu’elle est littéralement d’intérêt pour la sécurité nationale.


Situation intéressante, extraordinaire, unique : le LEAP-GEAB-etc. est en faveur d’une Europe libérale-démocratique et, en même temps, est d’une méfiance totale, d’un mépris froid, complet, à l’égard de toute la presse économique.


Il est d’ailleurs très significatif que ces mêmes médias ne se soient fait l’écho ni de la Bourse Pétrolière Iranienne, ni du sort attendu par M3.


Presse qu’ils assimilent à l’administration Bush, aux « neocon », etc. ; ils enchaînent immédiatement, même paragraphe, sans transition :


Comme on a pu le constater lors de la crise irakienne notamment, mais aussi sur de nombreux dossiers scientifiques comme la question du réchauffement climatique, l’administration Bush entretient avec la vérité une relation particulièrement complexe et un nombre croissant d’analystes s’interroge sur la fiabilité des statistiques économiques et financières américaines. Va-t-on assister à une affaire « Enron » à l’échelle de toute la planète ?


Il faut absolument que je me documente sur cette affaire Enron à laquelle je n’ai pas du tout fait attention.
Ils poursuivent leur parallèle, leur analogie :


Le monde va-t-il découvrir, comme pour les statistiques soviétiques après la Chute du Rideau de Fer, que les statistiques américaines étaient toutes truquées ? Nous risquons de le savoir prochainement.


Difficile d’être plus méprisant.
J’ai l’impression d’une rage de cousin : de la même famille, trahi, et qui ne veut plus te reconnaître de la famille. Bien placés, dès lors, pour parler de la « perte de crédibilité », de l’éloignement des anciens alliés, etc.

Ils reprennent un article de The Independant qui affirme que « le taux d’épargne américain est devenu négatif pour la première fois depuis 1932 et 1933 » (au creux de la « Grande Dépression »).
Taux d’épargne négatif : plus de dettes que de revenus. Au lieu d’épargner on s’endette. Au lieu de gagner plus qu’on ne dépense et de mettre de côté ce qu’on a gagné, les revenus ne couvrent même plus les dépenses. Qui paie ses dettes s’enrichit, qui ne peut plus rembourser ses dettes roule dans le caniveau.
Pour rembourser il faut produire et vendre et, si ça ne suffit pas, réduire son niveau de dépenses, son train de vie, pour retrouver un « taux d’épargne positif » (eh bien, comment je cause maintenant ?).


[...] les États-Unis ne produisent presque plus de biens et de services exportables en dehors de quelques secteurs de pointe et du secteur financier ; l’automobile en est d’ailleurs un bon exemple avec la crise touchant GM et Ford. Pour appuyer le trait, on peut considérer que le monde ne veut plus acheter d’automobiles américaines car elles ne correspondent plus à ses besoins et que les gains de productivité de l’industrie automobile US se font in fine sur un produit que les Américains seuls consomment. Quelle valeur réelle un tel gain a-t-il réellement en termes de rentabilité dans le cadre d’une économie globalisée ? À notre avis, aucune. C’est encore un indicateur perverti. Et il paraît donc à LEAP/E2020 que les États-Unis ne pourront pas faire l’économie d’une forte baisse de leur niveau de vie moyen pour résorber leurs déficits.


M3, la masse monétaire dont la statistique n’est plus publiée depuis le 20 mars dernier, important plus que symboliquement ou dans sa « signification ». Ceux qui ont décidé la suppression de cet indice préfèrent la fiction plutôt que de rembourser. Implique que depuis longtemps ils ont décidé de faire travailler les autres à leur place et de les faire payer à leur place.
Cette crise économique sera donc aussi une crise de civilisation : crise d’un style de vie « impérial », parasite. Et, dans le même mouvement, crise d’une fictionnalisation quand on se rendra compte que la production de fiction a remplacé la production matérielle – et cette fiction d’un genre et d’un style déterminés, datés, flétris, déjà en feu, depuis plus longtemps que le 20 mars 2006.

Je passe au GEAB, bulletin du LEAP, n°3, 15 mars 2006.
Ils reprennent les chiffres de Heritage Foundation (un réservoir d’idées gardien de la propriété privée et partisan de l’État le plus absent possible, grand pourvoyeur d’arguments contre les pays communistes et « l’axe du mal ») : en prenant en compte la santé et les retraites, « la dette réelle est de 42.000 milliards de dollars, soit 18 fois le budget fédéral, et trois fois et demie le PIB américain de 2005 ».
Chiffre très différent des 8 200 milliards annoncés dans le numéro précédent.
Leur dépendance à l’égard des sources critiques. Ils ne peuvent produire de chiffres en propre. Ils assemblent au mieux l’information existante. Et comme ils n’ont aucune confiance dans la presse, ils doivent chercher chez les contestataires de toutes tendances, même celles qui ne sont pas de leur bord politique – en tout cas, pas du mien.
Je constate : personne, à gauche, en France, ne produit ces analyses de la conjoncture.
Notre très grande dépendance.
Et donc notre impuissance.

Grand succès de leur « alerte » de février : « [...] dizaines de millions de pages vues, [...] centaines de milliers de visiteurs individuels sur le site Europe 2020, [...] traductions spontanées de l’article dans près d’une vingtaine de langues et sa reprise par des centaines de sites, de médias et de blogs dans le monde, [...] popularité de l’analyse aux États-Unis même [...], témoignent d’une inquiétude croissante face à l’évolution du système lui-même ».

Le gouvernement américain « en cessation de paiement depuis la mi-février 2006, car il a atteint le plafond d’endettement autorisé par le Congrès. Depuis cette date, le gouvernement américain a cessé d’émettre les State and Local Government series (SLGS) nonmarketable Treasury Securities, emprunts des collectivités locales américaines, pour continuer à pouvoir émettre les bons du Trésor américains. D’après le ministre des Finances américain, John Snow, si à la mi-mars, le Congrès n’a pas voté une hausse du plafond d’endettement de 800 milliards de dollars supplémentaires (soit 10% du plafond actuel de 8.200 milliards de dollars US, pourtant déjà augmenté deux fois ces trois dernières années), la cessation de paiement deviendra effective ».
Cessation de paiement = faillite.
Je me demande dans quel monde je vis.

Expression récurrente : « selon les chercheurs de LEAP/E2020 [...] » – le mot « chercheur » a un sens institutionnel précis. Où sont leurs diplômes, leurs publications, etc.

Selon eux, l’euro est la « seule grande devise capable de résister à la crise ».
Ah ça ! Biais pro-européen, bien visible et constant.


Vendredi 29 septembre 2006
Retour au bulletin GEAB de ce mois-ci, deux scénarios pour Israël : disparition ou État durable.
Occasion de les voir réfléchir, imaginer.
Les « forces fondatrices » de cet État s’affaiblissent : « 1. le sentiment de culpabilité européen s’estompe avec le temps », j’ajoute : à proportion de la montée du racisme dans la société israélienne et pour tous ceux pour lesquels l’antiracisme est indivisible ; « 2. le colonialisme d’État appartient au passé », j’ajoute : et s’estompe à mesure qu’il est remplacé par les guerres monétaires, commerciales, bancaires, et par les achats étrangers d’actifs nationaux.
Ils tirent les leçons de la défaite de cet été, au Liban. Ce sont peut-être ces événements qui ont déclenché leur réflexion ? Pour moi ce fut un des événements qui m’ont éveillé à la chute de l’Empire. En tout cas : fin de la supériorité militaire propre de l’État d’Israël, montée des capacités tactiques et stratégiques de leurs adversaires. Et fin de l’imposition unilatérale et en force des « solutions » israéliennes. Baisse du soutien américain, montée de l’implication européenne, régionalisation du conflit.


Scénario 1 : La fin de l’État d’Israël / Vers de simples communautés juives dans un Moyen-Orient musulman.


Ce scénario suppose que les autorités israéliennes refusent d’admettre l’affaiblissement de l’influence états-unienne, et donc le rôle plus important des puissances régionales – autrement dit, un pouvoir qui serait exercé par Benyamin Netanyahou ou des dirigeants de son genre, toujours dans le déni, incapables de s’adapter, de négocier, d’imaginer un nouveau modus vivendi. Suppose aussi le triomphe islamiste en Égypte et dans tout le Moyen-Orient, je dirais plutôt le renversement des pouvoirs actuels subordonnés aux États-Unis.
Le petit État s’effondrerait rapidement en cas d’attaque coordonnée et déterminée.
Lui succéderaient des communautés dispersées et protégées par l’ONU en compensation du silence et de la défaite.
Ils insistent sur le rôle de l’affaiblissement états-unien dans cette histoire.
Regarder dans toutes les parties du monde les conséquences de cet affaiblissement, à proportion du rôle qu’ils jouent. Combien de bases militaires sur tous les continents ? Si cela leur prend dix ans pour tomber, et leur retraite en plus ou moins bon ordre.


Scénario 2 : Un État israélien durable, partenaire d’un monde arabe en voie d’intégration régionale.


Ce scénario suppose que les dirigeants israéliens acceptent l’évolution du rapport de forces et soient donc disposés à négocier. Suppose aussi qu’au fondamentalisme musulman se substitue un processus d’unification régionale – les auteurs paraissent souhaiter une sorte d’arabo-libéralisme démocratique, comme ils désirent un libéralisme qui serait démocratique en Europe (manifestement ils n’aiment pas, ils détestent la bureaucratie européenne actuelle).
Israël aurait alors un rôle d’intermédiaire et d’entraînement pour la réalisation de cette unité régionale.
Ils ont une belle formule : « Il s’agira d’“inhiber la puissance” pour déplacer les enjeux de la confrontation à la coopération, au lieu de l’utiliser pour tenter d’écraser les oppositions. »
J’apprécie cette imagination.


Le paradoxe, par rapport à l’idéologie dominant actuellement à Tel-Aviv et Washington, c’est que c’est un monde arabe unifié et puissant qui serait largement moins problématique pour l’existence d’Israël qu’un Moyen-Orient morcelé, en proie à une guerre entre Islam et Chrétienté, Orient et Occident, Arabes et Américains.


Ces rêves de conflit et de paix mettent bien en lumière cette conception : que ta puissance serait fonction de l’abaissement de tes adversaires. C’est l’histoire qu’on connaît : introduire l’opium pour affaiblir le peuple chinois, etc. Opposée à cela l’autre idée, le fort mot « coopération ».

Une note de cet article sur Israël, page 12, sur le recours constant aux options militaires et non à la négociation, et donc à l’affaiblissement de l’armée, me fait connaître De Defensa. Leur note :


[...] l’armée israélienne a subi une bureaucratisation [du] fait que ses officiers supérieurs actuels [n’ont] aucune expérience concrète de la guerre [...]. Son utilisation constante dans les territoires palestiniens ne leur a appris que des méthodes de maintien de l’ordre [...]. Les officiers supérieurs israéliens qui ont planifié l’échec militaire de l’été 2006 ont suivi les mêmes formations que les officiers supérieurs américains qui ont planifié le bourbier irakien actuel. [...] À ce sujet, la lecture de l’excellent article « Un été meurtrier », paru dans De Defensa le 07/09/2006, s’impose.


Très bel article en effet qui insiste sur l’américanisation de l’armée israélienne comme principale cause de son affaiblissement : une combinaison de mécanisation et de bureaucratisation, combinaison portée par un sentiment de toute-puissance, la croyance que la seule victoire militaire possible, valable, est une démonstration de toute-puissance, il faut écraser l’adversaire et l’humilier, une combinaison qui évacue ou sous-estime ou travestit tous les éléments humains, dans sa propre force comme chez l’adversaire.
Ce que j’avais ressenti, mais finalement en termes assez vagues, généraux, la défaite israélienne comme défaite états-unienne, est ici décrit comme un enchaînement précis, technique, de causes et d’effets, étayé de nombreuses citations de la presse.

Élections présidentielles en France : les gens du LEAP estiment que les deux favoris des médias, Royal et Sarkozy, risquent de s’effondrer à l’approche du scrutin, comme les autres candidats favoris des médias lors des élections précédentes (Rocard, Balladur, Jospin...).
À nouveau leur raisonnement par analogie, par mise en parallèle de séries historiques.
Ils sous-estiment les dossiers tenus par le ministre de l’Intérieur. Il peut tenir ses amis et contenir ses adversaires. Ils sous-estiment aussi ses amitiés dans la presse. Il peut imposer ses thèmes. Ils sous-estiment aussi la crétinerie gestionnaire du PS ; Sarkozy peut d’autant mieux imposer ses thèmes que ces crétins dans le fond les partagent. Et la gouaille, la démagogie par là-dessus. Et l’actuelle impuissance de la contestation populaire qui peut gagner une bataille à la fois (le CPE, un seul des articles de la loi) mais pas deux (pas CESEDA, cette loi scélérate passée dans la foulée de la « victoire » contre le CPE, etc.) – les dispositifs de protestation et de contre-attaque sont lourds, lents, très dispendieux en énergie, mal alimentés de réflexion, elle-même pas assez rapide, pas assez conjoncturelle, etc.

Retour aux GEAB reçus ce mardi. Il me faut du temps pour assimiler.
N°4, du 15 avril.
Donnent comme signe des impuissances américaines l’évolution du programme de Grand Avion de Combat, alias le JSF, alias le F35, justement l’obsession de Philippe Grasset, le rédacteur de tous les articles du site De Defensa.
Prévoient qu’au prochain sommet de l’OTAN, à Riga (la capitale de la Lettonie), les 28 et 29 novembre prochains cette alliance stratégique délaissée décidera de mettre en place une « alliance mondiale des démocraties » (ils ont l’air de trouver que c’est bien) et « devra laisser les Européens accélérer le développement d’une défense commune indépendante de l’Alliance ». Le tout signifiant une perte d’influence des États-Unis. Ça me paraît loufoque.
Il paraît suffisant de signaler qu’avec leur affaire irakienne les États-Unis ont perdu l’Allemagne, la Turquie, la Grèce, etc. – et même en partie le Royaume-Uni – leur caniche Tony Blair discrédité et tombant. Tout cela datant d’avant cette crise qu’ils datent de 2006 mais dont ils donnent eux-mêmes des éléments datant de 2005, etc.

Même numéro, chronique de la crise.


En un mois les signes de la crise systémique globale sont désormais devenus évidents. Les principaux médias mondiaux parlent désormais ouvertement de risque de krach mondial dans le domaine monétaire et boursier.


Ce faisant, ils donnent une source incroyablement riche, le blog de Nouriel Roubini. Ah ! Il y en a du monde sans illusions sur la prospérité. Je mets cette ressource de côté pour la semaine prochaine ou plus tard.


Les difficultés croissantes des États-Unis à placer leurs Bons du Trésor (taux désormais à plus de 5%) traduisent une très forte baisse de la valeur de ces mêmes Bons et confirment l’analyse de l’équipe LEAP/E2020 [parler de soi-même à la troisième personne] qui dès février soulignait que les banques américaines s’étaient déjà délestées de ces valeurs, indice qu’ils allaient prochainement perdre de leur valeur. Dans les semaines à venir, ce sont les opérateurs privés non américains qui vont effectuer la même opération. Ne resteront ensuite entre l’effondrement du Dollar et l’implosion budgétaire des États-Unis que les banques centrales européennes, asiatiques et des pays pétroliers. Selon LEAP/E2020 [parler de soi-même à la troisième personne deux fois dans le même paragraphe – dans le style « communiqué de presse » et « annonce fracassante » ils n’y vont pas de main morte] elles entameront le même processus de vente des Bons du Trésor US au plus tard d’ici l’été 2006.



Samedi 30 septembre 2006
Reprise de la lecture du gros paquet des six premiers bulletins GEAB de l’année.
N°5, 15 mai 2006. « Juin 2006 - Entrée dans la phase 2 de la crise systémique globale : la phase d’accélération. »
Très intéressant, ils phasent la crise.
Première phase, déclenchement : de fin mars à fin mai. Des facteurs jusqu’alors disjoints interagissent ; seulement aux yeux d’un petit nombre d’acteurs et de témoins.
Deuxième phase, accélération : de début juin jusqu’à août ou novembre. Des éléments de plus en plus nombreux du système sont touchés ; une majorité des acteurs et des témoins s’en rend compte.
Troisième phase, impact : transformation radicale et intégrale du système.
Quatrième phase, décantation : se dégagent les caractéristiques du nouveau système.

Bilan de la phase de déclenchement :


[...] en moins de trois mois de nombreuses « certitudes » sur l’avenir se sont trouvées bouleversées (domination « inéluctable » du Dollar, « retour » à un pétrole bon marché, solution pacifique du conflit Iran/États-Unis, durabilité de la « bulle immobilière » américaine, « domination » des États-Unis sur les autres acteurs mondiaux clés que sont la Chine et la Russie,…) et un grand nombre d’indicateurs pointent désormais dans des directions convergentes et déséquilibrantes pour le système actuel (montée vertigineuse du prix de l’or et des métaux précieux, montée des pressions inflationnistes, remontée des taux d’intérêt, approche de la barre de l’Euro à 1,30 USD, transformation en Euros d’un montant croissant de réserves des banques centrales, montée des monnaies asiatiques, crises boursières et monétaires dans plusieurs régions du monde, multiplication depuis un mois environ d’articles dans la grande presse internationale et nationale mentionnant les termes « krach, crise, effondrement, risque de conflit… » ).


La chute de l’Empire soviétique et la domination des financiers américains font reposer depuis plus de quinze ans tout le système sur un seul acteur, les États-Unis. Sur tous les plans sans exception : militaire, financier, innovation, etc. Mélange unique d’admiration et de terreur. Les rédacteurs du bulletin disent « confiance ». La phase d’accélération est cette période pendant laquelle cette confiance s’effondre, domaine après domaine.
Confiance donc production de croyance, de point de vue, de focalisation pour habiller et renforcer les rapports de domination. L’importance de la communication. La crise exacerbe et déchire l’écart entre fiction propagandiste et réel.
Un gigantesque échec du post-modernisme – au sens de ce brouillard selon lequel l’idéologie, la fiction, serait ce qui compte dans le réel et par-dessus lui.


LEAP/E2020 considère que c’est au cours du mois de juin 2006 que ces pertes de confiance sectorielles, en voie de généralisation dans chaque secteur, devraient converger pour produire l’accélération du processus de crise.
Cette accélération, qui devrait s’étendre sur 3 à 6 mois, aura notamment sept conséquences concrètes essentielles :
1. L’effondrement accéléré du Dollar
2. Une crise socio-politique interne aux Etats-Unis
3. Un conflit militaire Iran/États-Unis/Israël
4. Une inflation mondiale accrue
5. La rupture du processus de globalisation commerciale et économique
6. L’émergence accélérée de nouveaux « blocs » régionaux/continentaux
7. Un rééquilibrage de la valeur relative des actifs mondiaux.


Ils estiment qu’on passe de phase 1 (déclenchement) à phase 2 (accélération) quand au moins quatre de ces éléments sont réunis.


L’une des questions fondamentales qui va s’inscrire en filigrane des mois à venir peut se résumer ainsi : que vont faire les dirigeants américains face à cette crise qui recompose l’ordre planétaire à leur détriment ? Vont-ils faire comme Gorbatchev et tenter une réforme interne en refusant d’externaliser cette crise sous forme de conflit militaire ? Ou bien vont-ils au contraire choisir l’externalisation des problèmes, et notamment l’aventurisme militaire, dans une vaine tentative d’éviter une remise en cause de l’ « American way of life » dont l’actuelle crise est porteuse ?


Ils peuvent aussi renoncer à une attaque contre l’Iran pour de bêtes questions militaires – l’affaiblissement de leur armée étendue à un trop grand nombre de bases, et le peu de vrais actifs exténués.
Tout cet article, malgré la pompe, magnifique.
Ils prévoient une baisse du niveau de vie des classes moyennes de 50% (« dans l’année à venir » !).
Bon sang.
Raisons : baisse du dollar, hausse des taux d’intérêt, hausse du prix du pétrole.
Surtout la chute de l’immobilier qui les ruine, les jette à la rue, détruit l’emploi lié à l’immobilier et à la consommation, etc.
Donc pas seulement les « classes moyennes » (c’est qui ?) mais la classe ouvrière aussi, surtout. Déjà bien délaissée et méprisée. Ce ne sont pas les ouvriers que les puissants menacés sauveront en premier.
Réduction de moitié. Non plus la superpuissance mais un pays moyen, en moyenne. Et, vu les écarts entre les riches et les autres, un pays « moins développé » comme ils disent.
Une crise sociale et politique ? Je crois qu’ils sous-estiment la destruction de société produite par la conjugaison d’individualisme et de charité. Mais bon, je ne sais pas. C’est vrai, il y a beaucoup de fusils là-bas.

Élections présidentielles dans notre pays, les 22 avril et 6 mai 2007.
Prévoient résultat final serré, ne se prononcent donc pas sur le nom du futur vainqueur.
Prévoient une progression de l’extrême droite et, au sein de celle-ci, la progression de Philippe de Villiers. Il correspond, disent-ils, à la génération des « petits-fils » décrite dans leur scénario publié en 1998, « 2009 – Quand les petits-fils d’Hitler, Pétain, Franco, Mussolini et Staline prendront le contrôle de l’Union européenne ».
Je crois qu’ils ont raison.
Il suffit de remplacer Philippe de Villiers par Nicolas Sarkozy.
Il faut décidément que je lise leur scénario pour 2009.


Dimanche 1er octobre 2006
GEAB n°6, 15 juin 2006.
Ils précisent leur phasage. Dans la phase 2, d’accélération, quatre étapes :
1. Chute des Bourses mondiales et liquidation provisoire en dollars.
2. Prise de conscience de l’impasse de la politique des taux américains : vers la stagflation ou l’hyperinflation ?
3. Fuite accélérée hors du dollar et fin de son monopole sur l’énergie.
4. Émergence des conséquences en termes de croissance et d’emploi.
Dans leur scénario, le dollar joue un rôle central et sa chute signe de la chute de l’Empire.
Sauf que, provisoirement, montée de cette devise : elle est très demandée. Les spéculateurs en ont besoin pour combler leurs pertes et liquider leurs positions.

J’apprends que la Réserve fédérale des États-Unis est une banque privée, ses actionnaires sont les grandes banques. On dirait le contraire du dogme de l’indépendance (à l’égard des gouvernements) imposé par le capital financier au monde entier. Là-bas la finance tient la Banque centrale et le gouvernement. « Ainsi, le futur ministre des Finances américain, Henry Paulson, est l’ancien président de la banque Goldman Sachs qui est elle-même un actionnaire important de la Réserve fédérale des États-Unis. »
Ils choisiront la stagflation : hausse des taux d’intérêt, inflation, stagnation ou récession, largage de quantités de liquidités pour atténuer la récession ce qui nourrit l’inflation, etc.

Développement du commerce en roubles et en euros, au détriment du dollar américain. Des décisions politiques annoncées, pas de chiffres.
Confirment leur prévision d’un dollar de 1,30 à 1,70 € d’ici la fin de l’année.

Fin de la semaine.


Chapitre précédent : Une très grande crise s’est déclenchée aux États-Unis en mars de cette année
Chapitre suivant : Inculpabilité
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© Laurent Grisel _ 10 mai 2012

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