Éditions Œuvres ouvertes

On ne peut pas continuer à vivre et à travailler de la même façon

9 octobre, trente-huitième chapitre de 2006

Lundi 9 octobre 2006
Jean-Pierre Bompard, CFDT. « On ne peut pas continuer à vivre et à travailler de la même façon. »
J’aime beaucoup cette parole mise en titre.
Dans sa confédération syndicale, il est « délégué à l’énergie, à l’environnement et au développement durable » ; il est membre du « groupe Facteur 4 ».
Ce groupe rend ses recommandations publiques aujourd’hui. Comment atteindre l’objectif français de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 ?
C’est le seul syndicaliste de ce groupe de réflexion officiel. Président : Christian de Boissieu. Un homme genre chemise à rayures. Très étonné qu’il soutienne un tel objectif, une telle nécessité. Je rêve. Positivement. Sans ironie !


« […] la puissance publique doit s’assurer que le prix n’est pas purement spéculatif, qu’il reflète les données environnementales. À cet égard, le marché des quotas carbone, né de l’application du protocole de Kyoto dans l’Union européenne, est encore très jeune, et à parfaire ».


Oh là ! Faudrait réfléchir plus précisément.


« [...] une agriculture plus économe en intrants implique des prix de vente plus élevés ».


Oui. Et que les paysans puissent vivre de leur travail.
Il faudra aussi vendre et acheter les carburants plus cher.
Mais où irait l’argent ?
Juste le raisonnement écolo habituel : vendre plus cher réduira la consommation. Et alors ? Ne pas se poser la question de la propriété, de la destination des revenus qui seraient plus importants, convoités, demander qui serait en position de les accaparer, pour faire quoi...


« [...] nous n’accepterons pas que les revenus les plus bas supportent les coûts majeurs de ces mutations. D’où la nécessité d’une réflexion sur la fiscalité ».


Je pensais qu’il allait dire « D’où la nécessité d’augmenter les salaires ». Non ! Il n’en est pas question !


« redistribution des richesses » par la fiscalité.


On dirait qu’on accepte intégralement la compétition entre les esclaves du bagne communiste chinois et les salariés encore un peu protégés (de moins en moins nombreux à l’être).
Mais j’abuse, peut-être ?


« Les vitesses maximales autorisées doivent être réduites (pour commencer, 120 km/h sur autoroute, 100 km/h sur voies rapides). Il faut rétablir la vignette automobile, avec un contenu écologique fort ; légaliser le péage urbain, etc. »
« Bien sûr, tout cela engendrera des levées de boucliers ! D’où la nécessité d’un travail pédagogique préalable. »


Bon sang, la pédagogie.
Ils savent.
Je comprends.
Ils savent et ils vont nous expliquer.
Mais s’ils ont commencé par admettre le cadre de réflexion imposé ? Et qui engendre ce qu’ils veulent combattre ?
Et que deviendront ceux qui comprennent mieux que toi et que tu prétends pédagogiser ?
Tout d’un coup je suis très fatigué.
Et il est partisan du bilan carbone pour tout. Ah non.
Demain je note ici tous mes arguments contre le bilan carbone. Je le jure !
Je finis cette lecture en diagonale et zou, au lit.


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© Laurent Grisel _ 17 mai 2012

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