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boycotter Amazon en raison de conditions de travail indignes

Je remets en première page ce billet de février dernier, les travailleurs allemands étant actuellement en grève. En France, c’est Jean-Baptiste Malet qui a alerté l’opinion publique avec son enquête En Amazonie, lire cet entretien paru dans le Monde. "Pour l’heure, Amazon, avant de représenter un progrès, c’est d’abord une formidable régression en ce qui concerne le devenir de notre humanité", déclare-t-il.

Personnellement, lorsque je ne trouve pas un livre en librairie (ce qui est souvent le cas), je le commande à la librairie Dialogues à Brest, aussi efficace qu’Amazon pour les envois à la Réunion.

 

Boycotter Amazon ?

Gros choc ici en Allemagne après les nombreuses révélations de la chaîne ARD (voir le reportage plus bas) sur ce que la presse et les syndicats qualifient d’"esclavage moderne". En caméra cachée, deux journalistes ont filmé le quotidien des intérimaires venus d’Espagne et d’autres pays européens frappés par la crise.

Hébergement en bungalows surpeuplés en plein hiver, salaires promis non versés, licenciements sauvages, agents de sécurité qui fouillent les chambres : lire l’article du Monde plus bas pour constater que les prix défiant toute concurrence proposés par Amazon ne sont possibles que grâce à ces conditions de travail précaires et dégradantes.

Alors, faut-il boycotter Amazon ? En Allemagne, nous sommes de plus en plus nombreux à supprimer nos comptes. Bien sûr, on ne se fait pas d’illusions sur les conditions de travail dans d’autres secteurs, mais partout c’est bien le "système Amazon" qui est en train de s’installer.

Et ma question pour finir : comment ça se passe en France, chez Amazon ?

Le "système Amazon" fait scandale en Allemagne

Le scandale gronde autour du géant Amazon, numéro un de la vente en ligne en Allemagne. A la suite de la diffusion, mercredi 13 février, d’un reportage accablant sur les conditions de travail des intérimaires chez le cybermarchand, syndicats, politiques et clients dénoncent le "système Amazon", de plus en plus décrit comme un "esclavage moderne".

Ce que cache la facilité d’un achat sur Amazon est à voir dans le reportage de la chaîne ARD, accessible sur son site. Deux journalistes filment, la plupart du temps en caméra cachée, le sort de 5 000 intérimaires recrutés par Amazon pour assurer le pic de commandes précédant la période de Noël.

Silvina, une Espagnole au chômage dans son pays, raconte son quotidien dans ce qu’elle appelle la "machine Amazon".

SERVICE DE SÉCURITÉ

Les journalistes la suivent dans le bus bondé, affrété pour transporter les saisonniers jusqu’au centre logistique de Bad Hersfeld (Hesse), en Allemagne. Ils montrent la longue attente sous la neige pour prendre les navettes trop rares ; la promiscuité des conditions d’hébergement, dans des bungalows de vacances laissés libres pendant la saison creuse ; son renvoi trois jours avant Noël, sans motivation, après quinze jours de travail d’affilée ; le salaire versé moindre que promis dans l’offre d’emploi.

Mais le plus pénible, raconte la travailleuse, est la présence permanente d’un service de sécurité recruté par l’agence d’intérim. Les agents de sécurité surveillent les saisonniers sur leur lieu d’hébergement, fouillent leurs chambres, inspectent leurs effets personnels. Intimidés, les travailleurs, originaires pour la plupart d’Europe de l’Est ou du Sud, n’osent se plaindre.

Détail accablant, ces agents portent des sweat-shirts à capuche de la marque Thor Steinar, appréciée des néonazis. Les journalistes révèlent qu’ils sont employés par une société de surveillance nommée HESS (pour Hensel European Security Service), qui entretiendrait des liens étroits avec les milieux d’extrême droite. Une accointance démentie par la société. Amazon, de son côté, a annoncé "procéder à des vérifications" à la suite de ce reportage.

APPELS AU BOYCOTT

Alors que l’Allemagne s’interroge de plus en plus sur l’évolution de son modèle social – absence de salaire minimum, explosion des contrats précaires, de l’intérim et des emplois à bas salaires –, ces révélations provoquent une onde de choc. "Il faut arrêter le système Amazon", a déclaré Michael Sommer, président de la fédération de syndicats DGB.

La ministre du travail, Ursula von der Leyen, a menacé la société d’intérim de sanctions en cas de violations avérées du droit.

Sur Internet, les premiers appels au boycott ont été lancés. Dans une lettre ouverte au PDG d’Amazon, Jeff Bezos, le petit éditeur Christopher Schroer a annoncé son intention de mettre fin à son référencement sur le site. Et, sur la page Facebook d’Amazon, des centaines de clients ont déclaré avoir supprimé leur compte. En 2012, les Allemands ont consommé sur Internet pour 27 milliards d’euros.

(Cécile Boutelet, Le Monde, 19 février 2013)

Première mise en ligne le 19 février 2013

© Nina Grommes _ 18 décembre 2013


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