C’est une planète on dirait Mars (mais non), par Guillaume Vissac

expérience de web-association avec Guillaume Vissac

C’est une planète on dirait Mars (mais non). Elle est rouge ochracée et elle bout en surface (personne marche en surface), on est seuls deux dans des canyons super profonds, étroits, trois ou quatre mètres de large pas plus. On circule en combinaison spatiale. Ces canyons sont creusés dans la chair de la roche sur plusieurs kilomètres de profondeur, nous on regarde en haut. Des plantes filiformes dures font le lien entre le sol le ciel. Elles sont duveteuses dessus la tige comme du coton suintant. Nous descendons dans les entrailles via une grotte. J’ignore qui est le type qui m’accompagne mais c’est un être humain. Nous sommes traqués, dans le dédale d’en bas, par quelque chose je sais pas trop c’est quoi. L’autre type me guide en direction inverse, il me fait descendre par une échelle roulée dans le sol : m’y laisse. Plus d’échelle. Suis dans une chambre funéraire tiède et prise dans la roche. Anubis devant moi il m’attend, un bras sur deux coupé déposé devant lui, pour genre un sacrifice humain. Pour les dieux de cette sorte, un sacrifice consiste à te prendre une part plus ou moins grande de ton identité. J’ignore encore laquelle.

Sais toujours pas quoi faire de mes rêves (j’ai pas tranché). Dans le doute ils sont dans le journal peut-être c’est bien aussi.

Zéro migraine et zéro gramme. Veiller à ne pas dresser de conclusions hâtives, ni dans un sens ni dans l’autre, après la séance d’hier. Verrons combien de temps les douleurs taisent. En réalité c’est pas ça : disons que les sensations ont diminué, les douleurs sont bien là, mais frêles, presque des transparences. Me doute que les douleurs disparaîtront jamais en une séance, quelle que soit cette séance. Juste : rendre ça supportable et surtout ponctuel. Attends de voir ce que donnera la tête ces prochains jours, semaines.

Soupir sorti de la clinique des NAC. On lui a limé les dents et forcé à manger ces deux trois jours. Ces soins ont un coût. La tune n’est pas un problème. Tout est à sa place.

Vérifications faites auprès des données pluviométriques internes, la dernière fois où j’ai eu mal à rien et où j’ai rien pris pour la combattre c’était le onze (mai). Tous les jours cette semaine l’ai repoussée le plus loin possible de moi mais assisté par la chimie et domptant essentiellement la moelle.


Je remercie Guillaume Vissac de m’avoir autorisé à reprendre cet extrait de son Journal sur Fuir est une pulsion. Texte que j’ai eu envie d’associer à une chanson de Massive Attack. Je suis depuis plusieurs années le travail de Guillaume, et signale son roman Coup de tête qui vient de paraître.

La reprise de ce texte a lieu dans le cadre du projet Web-association des auteurs.

© Guillaume Vissac _ 2 juin 2013


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