Œuvres ouvertes

Disparition de l’éditeur de poésie René Rougerie

Qui, parmi les lecteurs de poésie, n’ a eu un jour un de ses livres en main ? Fondateur en 1948 des éditions Rougerie, René Rougerie est décédé à l’âge de 84 ans

« Je publierai donc ce que j’aime. Revendiquant même le droit de me tromper. Refusant toutes les étiquettes, ne me laissant enfermer dans ancun système. Capable d’aimer aussi bien une poésie lyrique que celle concise où chaque mot porte son poids » (Poésie Présente N° 1, 1970).

René Rougerie nous demande d’aimer les livres qu’il publie pour les poèmes qu’ils contiennent. Quand il décide d’éditer un manuscrit il sait qu’il lui faudra faire, lecture après lecture, page après page, dans une suite d’approches et de travaux où il ne voudra pas séparer le regard qui découvre de la main qui engage l’encre et le papier. Autant de livres, autant de voyages dans les villes, de visites aux libraires, de vitrines, de couloirs où la lumière qui éclaire les pages reste souvent prisonnière d’obscurs rayons. Pour René Rougerie la poésie est présente et il ne l’incite jamais à se détourner de son cours. Tout est simple : les mots sont dans le poème, le poème est sur la page, la page est dans le livre. Pourtant il connaît les menaces qui planent, se posent, détruisent le cours des mots et des Etres, il dénonce les impostures, les absences, les boursouflures médiatiques et tous ceux qui décrivent un ciel dont ils empochent les offrandes….Les parcours de la poésie sont longs, hasardeux et imprévisibles, ils passent par l’amour, l’amitié, la liberté de dire et d’être. ( Georges Drano, N°53 de la revue Plein Chant consacré entièrement aux éditions Rougerie ).

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Page composée à partir du site des éditions Rougerie

© no name _ 13 mars 2010