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Oeuvres Ouvertes : Francis Royo, Analogos 2011-2016

Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

Francis Royo, Analogos 2011-2016

la poésie dans un nouvel espace d’écriture

Analogos.org, premier blog de Francis Royo, créé en 2011, un wordpress remplacé après quelques années par un site sous spip, avec une architecture nouvelle. Je ne retrouve pas de trace de ce premier blog que son auteur a dû effacer. Si l’on entre "francis royo analogos" dans Google on tombe sur une série labyrinthique de mots liés, et en premier cet Aporos.

Premiers contacts avec Francis Royo autour de 2009, année où je crée mon compte Twitter. Je vois qu’il a créé le sien en juin 2009. Il habite à Mons en Belgique. Nos échanges sur le web deviennent quotidiens et vite amicaux.

Selfilles, 14 décembre 2015

J’essaye de retrouver ce mail que je lui ai écrit pour lui proposer de participer pour la première fois aux Vases communicants, sans succès. Je me souviens de sa joie et de son trouble. Il m’envoya ce très beau poème intitulé Malgré les âpres traversées.

Malgré les âpres traversées de la nuit organique
lors de la mort de nos chevaux fous
nos amours à l’encan et nos corps disgraciés
nous aurions pu errer muets et las
balayant incertains le bitume des villes
de nos ombres inachevées

Pourtant
chaque matin nous enlaçons l’air frais
Nous posons notre joue sur le souple oreiller du vent
et c’est notre manne
Chaque goutte de pluie est désir sur nos mains tendues
Chaque trouée est route ronde ouverte
Chaque maison est ruche
et les fruits sur nos lèvres sont les plus mûrs

Nos épaves intérieures n’étoufferont jamais le chant des oiseaux

Cheminer_20 novembre 2015

Cheminer, 20 novembre 2015

Le lien vers ma propre contribution aux Vases communicants me donne accès à son deuxième blog d’alors, Le gnou sceptique, qui s’arrête le 14 novembre 2012. J’y retrouve le goût de Francis Royo pour les images, tableaux et photos, qui s’exprime aussi sur son compte Twitter.

Inséparables, images et mots du quotidien forment ensemble une dynamique propre. Chaque photo prise, aussi anodine puisse-t-elle paraître, est en lien avec une émotion ou une réflexion du moment, la légende dirige le regard de celui ou celle qui la découvre. J’en retrouve, des semaines et des mois après, que je n’ai pas oubliées, qui ont laissé une trace en moi, comme ces vers fragmentaires dont est composée la poésie de Francis Royo.

Dehors est beau, 30 octobre 2015

Il y a le blog et l’écriture des poèmes qui évoluent toujours plus vers l’épure. Mais cette écriture n’est jamais séparée de ces aphorismes quotidiens que Francis Royo donne à lire sur son compte Twitter, qu’il publie en même temps sur son blog et qui sont ses "Aporos". La poésie au présent se joue là tout autant que dans les festivals de poésie ou les ateliers de typographie. Elle ne s’inscrit toutefois pas dans l’espace plus ou moins institutionnel, éditorialisé, de la poésie contemporaine. Elle est un souffle personnel et libre que le web permet de transmettre directement.

Deux tweets, décembre 2015

Sobriété et lyrisme. Cette écriture est troublante, nourrie de poésie occidentale, mais aussi de culture asiatique. Ce qu’il appelait ses "arrivages" permettait de suivre au quotidien cette dualité qui n’en était pas une, quand on sait l’ouverture de plusieurs auteurs contemporains occidentaux aux poésies japonaise ou chinoise. Mais elle donne sa tonalité propre à sa poésie, qui doit aux deux sources, et dont on perçoit l’hésitation constante entre la voix plus lyrique de notre tradition et une certaine sagesse orientale.

Arrivage, 17 décembre 2015

Ces aphorismes et ces notes prises au fil de la journée et qui apparaissaient sur nos écrans s’inscrivaient dans une temporalité, mais l’écriture de Francis Royo visait surtout un espace, celui, épuré, dépouillé de son blog : aucune image, rien que les mots, et surtout, plusieurs recueils composés parallèlement, un espace de recueils plus qu’une suite. Une poésie en croissance non pas linéaire et chronologique, mais horizontale et spatiale.

L’atelier comme une série de murs blancs sur lesquels il écrivait, suspendait ses poèmes. Je pense ici à la pièce circulaire à l’étage de la tour Hölderlin : un seul mur blanc, quatre poèmes, les saisons. Lieu de publication : la tour avec ses fenêtres donnant sur les platanes en face.

Toutes ces années, Francis Royo semble ne pas s’être occupé de la question du livre. La poésie se réalisait dans ses différents actes de publication en ligne. Il ne cherchait pas d’autre reconnaissance que celle de ses amis qui le lisaient au quotidien. Sa poésie s’était développée grâce aux différents outils que lui proposait le web, elle était donc chez elle dans cet espace. Peut-être fera-t-on un jour un livre de tous ses poèmes, mais il faudra toujours revenir à Analogos comme au lieu à la fois premier et ultime de sa poésie.

Ces quelques notes prises depuis dimanche dernier. Page qui restera en chantier (toutes les photos sont extraites du compte Twitter de Francis Royo)

Première mise en ligne le 1er avril 2016

© Laurent Margantin _ 25 juin 2016

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