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Journal de Kafka (IV, 63) : Goethe

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Par la puissance de ses œuvres, Goethe retarde probablement le développement de la langue allemande. Même si depuis la prose s’est souvent éloignée de lui, elle a pourtant fini par retourner vers lui avec encore plus de nostalgie – comme c’est le cas actuellement – et s’est même appropriée de vieilles tournures qu’on trouve chez Goethe mais auxquelles il ne peut être associé, et ce afin de se délecter du spectacle complet de sa dépendance sans limites.


- Goethe, auteur révéré par Kafka. Il le lit dès le lycée, un de ses professeurs lui faisant découvrir sa prose, ce qui n’était pas courant à l’époque, car on lisait surtout ses poèmes. En juin 1912, il se rendra à Weimar en compagnie de Max Brod et visitera à plusieurs reprises la maison de Goethe. Dans les mois qui précèdent (on est ici en décembre 1911), il lit ses journaux et ses lettres, des ouvrages biographiques sur celui qu’il considère comme un maître, au point de se sentir écrasé par son génie. A Weimar, il aura aussi l’occasion de consulter plusieurs manuscrits de ses poèmes au Goethe-Schiller-Archiv, et constatera avec stupeur que le poète n’apportait que très peu de corrections à ses œuvres. Il n’est pas anodin que cette mention du pouvoir exercé par Goethe se situe au cœur de la réflexion de Kafka sur grandes et petites littératures.

Mise en ligne le 11 juin 2017

© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 19 juin 2017

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