Œuvres ouvertes

Journal profane (1) / Serge Velay

In memoriam Francis Ponge

La patience,
La patience et la chance qu’il faut
Pour entrer dans sa forme,
Pour être enfin dans la présence aiguë !

Qui sait le temps que cela dure,
Dans le réduit, la chambre noire,
On ne fait rien qu’attendre,
Rien qu’emboîter le pas à ce qui se présente.
On connaît bien son rôle
Et l’on s’y tient :
Être le chien de ce qui vient.

Mais quoi ?
À l’instant électrique,
Une fusée de quelques mots,
Une brève explosion
De promesses et d’incertitudes,
Pour se cabrer, se dresser à nouveau.
Mais contre quoi ?
Dehors tout est si calme,
Tout est si plat !

Parfois le courage me manque,
Je me raconte des histoires dont je suis le héros,
Puis l’inquiétude recommence.