Œuvres ouvertes

Grabschke (45)

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Chaque matin nous faisions, Grabschke, son corbeau et moi, un petit tour du cimetière. Le parcours variait. Nous partions toujours de la même porte principale, remontions l’allée centrale avant de tourner soit à gauche, soit à droite, ou bien de prendre l’escalier qui montait tout droit jusqu’au niveau supérieur du cimetière. Grabschke avait une préférence pour les chemins latéraux à l’ombre des vieux châtaigniers dans le feuillage desquels le corbeau aimait se plonger. Il était alors impossible de savoir où se trouvait l’oiseau qui, néanmoins, suivait chacun de nos gestes et écoutait chacune de nos paroles. Cette promenade matinale durait environ une heure pendant laquelle Grabschke marmonnait parfois des propos indistincts au sujet de certaines tombes, comme s’il était encore plongé dans le sommeil de la nuit précédente. Sa mauvaise humeur était souvent alimentée par les tombes qu’il qualifiait de maléfiques et qu’il m’indiquait d’un geste de la main, sans même les regarder.

© Laurent Margantin _ 3 octobre 2011
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