Œuvres ouvertes

Grabschke (46)

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Mauvaise humeur et même colère de Grabschke lorsqu’il passait devant cette pierre tombale fendue on ne savait trop pourquoi (sous l’effet du gel, ou suite à un acte malveillant ?). N’est-ce pas pénible, disait-il, de voir une tombe ainsi abîmée, comme si elle était l’objet de quelque maléfice ? Vous en avez partout dans le cimetière, de ces tombes brisées, effondrées, sans parler de ces caveaux-fantômes aux portes entrouvertes sur lesquelles, ironie funèbre, veille un portrait bienveillant. Je m’éloigne toujours à grands pas de ces sépultures, comme s’il y régnait quelque volonté néfaste que l’éternité soit représentée par ces images de violence et de chaos, la pierre retournant à son état primitif et emportant dans sa ruine l’âme qu’elle est chargée de protéger, de façonner même. Je fuis ces tombes maléfiques, en rupture avec l’harmonie funéraire qui domine ici et à laquelle je consacre mes journées, mes années, ma vie. Venez, quittons ces sombres parages et rejoignons la lumière minérale que nous aimons.

© Laurent Margantin _ 4 octobre 2011
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