Œuvres ouvertes

Grabschke (49)

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Il y avait trop de circulation à côté de la tombe de Nerval, pourtant ignorée par la foule qui s’arrêtait en face, devant celle de Balzac dont le buste était tout de suite identifiable. Personne ne voyait le nom du poète gravé sur la mince colonne, mais la présence des touristes venus voir la tombe de Balzac pour faire quelques photos et repartir très vite gênait, troublait même Grabschke. Quelle misère, n’est-ce pas, de ne pouvoir s’asseoir devant la tombe de Nerval, maugréait-il. Il préférait depuis quelques temps une tombe plus à l’écart et également ignorée par la foule du cimetière – foule qui, heureusement, suivait les allées principales et ne s’en écartait pas. Cette tombe était tout ce qu’il y a de plus sobre, une dalle de marbre où étaient inscrits les noms de l’écrivain et de ses parents qui y étaient également inhumés, une dalle de marbre pauvrement fleurie devant laquelle, pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines, Grabschke resta assis sur son siège pliant, profondément silencieux.

© Laurent Margantin _ 7 octobre 2011
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