Œuvres ouvertes

La petite fille dans sa robe claire, de Daniel Bourrion

par Laurent Margantin

Daniel Bourrion a publié ces derniers temps une série de textes courts et denses (voir Litanie ou Langue) qui renvoient chacun, selon une perspective différente, à l’enfance dans un lieu-langue évanoui (espace germanophone du Platt), mais dont il récupère, par la parole, des bouts d’existence.

Ici, le moteur de la parole poétique est une photographie retrouvée dans sa famille. Parole inaugurée par une série de disparitions qu’expose avec violence la photo, incendie, guerres, personnes depuis longtemps disparues ; parole inaugurée par une première longue phrase tortueuse, parfois bancale comme la pensée qui essaye de se souvenir de ce qui précède sa propre existence, de l’imaginer donc à partir d’indices comme les récits des anciens, les détails du cliché, les propos rapportés, les données historiques aussi qui permettent de placer telle ou telle scène dans un contexte plus large.

En dix-huit pages très travaillées - soit une série de sept textes dont chacun est une relance de celui qui précède -, guidées par un rythme qui lui est propre ("j’y arrive doucement"), Daniel Bourrion parvient à nous faire percevoir la face invisible de sa propre existence, face dont il est lui-même issu.

La petite fille dans sa robe claire, Daniel Bourrion, 18 pages, éditions Publie.net

© Laurent Margantin _ 1er décembre 2011

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