Œuvres ouvertes

Catharsis, de Florence Dell’Aiera

par Michelle Bourgoin

Il est de ces livres qui, d’emblée, attirent le titre et la couverture.
Les premières pages donnent la sensation d’entrer dans un roman distrayant, qui nous fera passer un bon moment. Quelques lenteurs peuvent décourager, lasser. Pourtant, dès les pages fermées, une sorte de manque apparait, de ce manque qui alerte l’esprit comme des grincements sur une porte, un filet d’air dans une pièce fermée, un souffle indécelable. Le livre se redécouvre et nous plonge enfin dans un monde fantastique.

Salomé à 17 ans peut être. Une fille d’aujourd’hui, qui vient de passer avec succès son bac. Un copain plus âgé qu’elle, à peine. Une meilleure amie, Jasmine, de celles qu’on n’oubliera jamais. Une vie tout à fait moderne en un mot.

Tout bascule dans ce château où elles se retrouvent pour rejoindre un ami, Zaphir, un comédien qui se cache des médias. D’étranges phénomènes viennent déranger un séjour qui aurait dû être consacré à la détente entre amis. Et l’on passe du quotidien à l’étrange sans y prendre garde. Des personnages nouveaux apparaissent dont on ne sait pas trop d’où ils surgissent. Trop de précipitation dans l’écriture comme pour nous pousser à suivre le rythme de l’effroi ressenti par les protagonistes lorsqu’ils sont confrontés à la violence, à la mort, à l’immortalité.

L’écriture ne m’attire pas vraiment, le climat me retient. Je bascule entre agacement et perplexité : envie de lire jusqu’au bout, besoin de refermer le livre souvent. Chaque page porte un regret et l’envie que la suivante soit plus riche. L’écriture est trop rapide, presque saccadée, comme si un besoin insurmontable d’en finir se faisait jour à chaque page dans la seconde partie, ce qui tranche avec le début qui s’étire en longueur.

En quelques mots : ce livre est une distraction sympathique, qui donne envie de connaître le destin de ces jeunes, sans pour autant me passionner. Il est dommage que l’Histoire des Cathares ne soit qu’effleurée, à peine abordée. La transformation de ces personnages pourraient être un support à de belles questions sur l’évolution, le changement personnel, la psychologie des personnages. Elles ne peuvent émerger tant le rythme semble bâclé.

Une suite est annoncée, on aimerait s’y plonger tout en souhaitant plus de profondeur tant dans les personnages que dans la trame du livre.

Florence Dell Aiera, Catharsis, éditions NumérikLivres

© Michelle Bourgoin _ 1er février 2012

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