Œuvres ouvertes

Insulaires de Laurent Margantin sur ePagine

Sur le site de la librairie en ligne ePagine, présentation de Publie.net et d’une sélection de six livres numériques par Christophe Grossi, avec un extrait gratuit

En 2008, François Bon lançait la première coopérative d’auteurs pour l’édition et la diffusion numériques de littérature contemporaine : publie.net. Aujourd’hui, le catalogue compte plus de 275 titres : quelques fondamentaux de la littérature dite classique mais surtout des oeuvres contemporaines. Parmi les auteurs, certains sont connus du grand public car déjà publiés ailleurs ou enseignés ; pour d’autres c’est le début d’une aventure.

"Le contemporain s’écrit numérique" est le slogan de publie.net ; nous l’avons également choisi comme titre de la première série consacrée à cette initiative créative, littéraire et numérique dans un dossier à télécharger gratuitement. Retrouvez donc six des auteurs de cette coopérative à travers des extraits de leurs textes : Mahigan Lepage, Jean-Charles Massera, Laurent Margantin, Leslie Kaplan, Marina Damestoy et Olivier Rolin.

Avec Laurent Margantin le lecteur est, au sens propre, captivé par son récit ; il débarque sur l’île et ne sait s’il parviendra à la quitter : retenu prisonnier en quelque sorte par une main de fer dans un gant de velours, une écriture adroite, habile et une atmosphère tout îlienne – ouverture et isolement. D’emblée, toute cette activité autour de la disparition des bibliothèques vous plongera dans un monde proche de Julien Gracq ou de Borges, plus fantastique qu’exotique.

Ici le pluriel est de mise – le titre même l’indique – ou encore l’indéfini ; un rare « je » surgit au milieu de «  nous » de « vous » de « ils » ; pas de noms propres non plus, ce texte n’est pas un guide de voyage. De la masse des insulaires, pêcheurs, mendiants, coiffeurs, apparaissent néanmoins des figures, prises dans leurs poses, leurs habitudes, leurs tâches, leurs attentes, leur folie. « Par manque de brise, le temps s’immobilise », chantait Brel. Ici le même sentiment étrange de pesanteur parfois, d’allégresse aussi, des temps courts et longs qui se chevauchent : « Elle est retrouvée. / Quoi ? - L’Éternité. / C’est la mer allée / Avec le soleil. » (Rimbaud).

Ces portraits de l’île, d’un quartier de la ville, d’un collectionneur, d’un solitaire, sont autant de tableaux où la tension est palpable derrière le visible : une mangue tombe au sol ou un homme désire prendre une photographie dans un salon de coiffure et c’est tout le passé (proche) qui remonte à la surface (exploitation, colonisation, humiliations), un autre fume une cigarette devant chez lui alors que dans la maison son épouse folle va bientôt mourir.

Insulaires mériterait d’être lu, relu, conseillé, de passer de mains en mains. Voilà pourquoi nous souhaitions vous proposer le premier chapitre, certains que vous vous aventurerez plus loin dans l’île de Laurent Margantin.

Christophe Grossi

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Insulaires sur Publie.net

© Laurent Margantin _ 6 mars 2011

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