Œuvres ouvertes

Qu’on égraine Novalis...

nouvelle traduction des Grains de pollen aux éditions Publie.net

Difficile d’écrire en français sur Novalis sans le traduire ou le retraduire. Traduire pour la première fois la plupart du temps, car les éditions françaises ne sont que la partie émergée de l’édition critique allemande, 6 épais volumes dont les écrits philosophiques sont totalement méconnus en France (j’ai eu il y a dix ans une édition italienne de ces mêmes écrits sur ma table de travail, pour voir comment les traducteurs s’y étaient pris avec la transposition de certains concepts propres au kantisme et à l’idéalisme allemand). Retraduire, car il faut tenter de s’approprier une pensée dans la langue dite mienne, langue qu’on construit, qui s’enrichit de cette épreuve, retraduire parce que c’est la condition de l’écriture de l’essai en cours, sans cela la greffe de traductions extérieures risquerait de ne pas prendre, d’empêcher l’écriture propre. Retraduire, aussi, accessoirement, parce que la traduction la plus récente des Grains de pollen avant celle-ci est (parfois gravement) fautive à plusieurs endroits, et qu’on tente toujours, en retraduisant, de réparer.

Exercice de traduction d’un nouveau genre, puisqu’il s’est déroulé au quotidien, fragment après fragment aussitôt mis en ligne sur Œuvres ouvertes, et égrainé via Twitter, d’où échanges, encouragements… Et reprise de l’œuvre entière en édition numérique consultable sur toute la planète (!!!), suivant le message de Novalis lui-même, que son œuvre se disperse, se dissémine :

L’art d’écrire des livres n’a pas encore été inventé. Mais il est sur le point de l’être. Des fragments comme ceux-ci sont des semences littéraires. Naturellement, il peut y avoir parmi eux de nombreux grains morts, mais qu’importe, pourvu que quelques-uns lèvent !

Feuilleter les premières pages des Grains de pollen sur Publie.net

Illustration : la Tour de Babel, par Bruegel, musée de Vienne ; clin d’œil aux mots de François Bon dans sa présentation des Grains de pollen : « Vieille terreur de Babel sur l’éclatement des langues, et la dette qu’on a aux passeurs » - merci à lui surtout.

© Laurent Margantin _ 18 août 2010

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