Œuvres ouvertes

Insulaires (2)

rêve du chien et de l’homme

Il n’était pas fréquent que deux personnages du livre se rencontrent. Ainsi, le chien perdu de vue deux mois plus tôt avait ressurgi au coin d’une rue. Ce chien au poil ras tigré avait une gueule reconnaissable entre mille, gueule féroce alors qu’en l’approchant on se rendait compte qu’il était inoffensif. Il vivait sans collier de par les rues, errant d’un endroit à l’autre, ne s’attachant à aucun. Souvent, on le trouvait étalé sur le trottoir à l’ombre, endormi.

Quant à l’autre personnage du livre, c’était un homme noir, au type et à la tenue des gens d’ici : regard sombre et énigmatique, pantalon noir et chemise colorée, chapeau noir posé sur le haut du front, obscurcissant un peu plus le regard qui ne vous fixait jamais.

Il paraissait évident que l’homme eût été parfait en maître du chien, l’un s’associant de manière idéale à l’apparente et trompeuse sauvagerie de l’autre. Pourtant, ils se croisèrent tous deux sans se reconnaître, en s’ignorant même.

Ainsi disparurent deux personnages du livre, ainsi s’effacèrent deux rêves, l’un du chien errant sans fin, l’autre de l’homme solitaire, sans chien ni famille.

© Laurent Margantin _ 22 août 2010

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