Œuvres ouvertes

Insulaires (5)

nouveau rêve du banyan

Ces arbres en bord de mer, à la pointe sud de l’île, étaient un abri naturel. Leur frondaison était épaisse, portée par de fortes branches noueuses. Leur base était large et semblait composée de plusieurs troncs qui s’étaient rejoints, fondus en un seul.

On passait au milieu de lianes qui pendaient à plusieurs endroits, balancées par le vent. Bientôt, cela voulait dire dans un an, dans dix ans, certaines d’entre elles atteindraient le sol, le frôleraient, le toucheraient, s’y accrocheraient, s’y enfonçeraient et deviendraient racines, puis branches, puis nouveaux troncs.

L’arbre ainsi croissait vers le haut, mais aussi vers le bas, s’épaississant, se fortifiant jour après jour. On passait naturellement en son centre encore creux qui, avec le temps, se comblait, s’emplissait de nouveaux soutiens.

Assis dans son ombre pendant toute une vie, nous rêvions de ces longs développements, de cette vie inversée de l’arbre qu’aucune tempête n’effrayait, arrimé au sol comme il l’était, de façon multiple et toujours renouvelée.

© Laurent Margantin _ 6 septembre 2010

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