Œuvres ouvertes

Journal profane (4) / Serge Velay

...

En ce temps-là, j’étais prince chez moi. Mes caprices avaient force de loi. Je régnais par le fouet. J’ordonnais à la voix. Mes chiens prenaient le vent et mordaient la lumière. Je ne désirais rien tant que saisir des instants, débusquer les choses belles à leur commencement, retenir le meilleur de ce qui nous échoit dans ses formes intactes.

Par orgueil et désinvolture, j’ai brûlé les trophées de mes chasses aux prodiges, j’ai bradé les trésors rapportés des mondes adjacents. Depuis lors, je maquille de fables retorses le plomb des choses à dire. Parfois, à l’instant de panique invincible, je lance contre le ciel troué la hache ou le marteau, puis je cherche la perle parmi les bris de verre.

Je suis le questionnaire et le questionné. Une rivalité et une complicité tenaces ont scellé notre union. Nous sommes ni d’un lieu ni d’un autre. Nous errons dans le désert du jour, en quête de peut-être.

Ô, pourquoi l’extinction après l’épiphanie ?

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